Non au fascisme, non au patriarcat Intervention du Planning familial 38

Publié le :

Intervention de Pilar, au nom du Planning familial 38 lors des prises de parole de la manifestation du 10 novembre 2018 [1]. A partir de diverses déclarations de Bolsonaro...

Le Brésil "est un État chrétien, et si une minorité s’oppose à cela, alors qu’elle dégage ! Faisons un Brésil pour les majorités. Les minorités doivent s’incliner devant les majorités !" disait Bolsonaro pendant sa campagne.

Comme l’a écrit Ivan le Roy : Qui sont ces "minorités" qui doivent s’incliner sinon "dégager" ou "disparaître" ? Nous en faisons la liste ci-dessous : les femmes et les mouvements féministes, l’homosexualité et les mouvements LGBT, les Amérindiens, les Afro-descendants, les populations pauvres et les travailleurs.

Combattre le féminisme, assumer les inégalités de salaire et la culture du viol

"J’ai eu quatre fils et, pour le cinquième, j’ai eu un moment de faiblesse et c’est une femme qui est sortie" (discours au Club hébraïque, Rio de Janeiro, 3 avril 2017)*

"Entre [embaucher] un homme et une jeune femme, qu’est-ce que l’entrepreneur pense ? Eh bien, cette femme a une bague au doigt, un peu enceinte, six mois de congé de maternité, et mignonne à croquer. Qui va payer la note ? L’employeur. Le rythme de travail sera cassé, et à son retour [de l’employée], elle aura encore un mois de vacances, c’est-à-dire qu’elle aura travaillé cinq mois en un an", explique -t-il lors d’un entretien donné en février 2015, pour justifier qu’une femme soit payée moins qu’un homme parce qu’elle peut tomber enceinte.

"Je ne te violerai pas. Tu ne le mérites même pas", lance celui qui est alors député de Rio à Maria do Rosário, députée du Parti des travailleurs (PT), qui vient de rendre hommage aux travaux de la Commission nationale de la vérité sur les crimes commis par la dictature militaire au Brésil, en décembre 2014

Contrôle des naissances

"J’aimerais que le Brésil ait un programme de planification familiale. Un homme et une femme instruits voudront difficilement avoir un enfant supplémentaire pour faire grossir un programme social", déclare-t-il le 23 mai 2018, à Brasilia. Le candidat d’extrême droite ne cache pas sa volonté d’instaurer un programme de contrôle des naissances visant les catégories populaires (rappel des stérilisations forcées au Pérou par Fujimori des femmes des communautés indigènes...)

Combattre l’homosexualité

"[Les homosexuels] ne trouveront pas la paix. Et j’ai l’immunité [du Congrès] pour dire que, oui, je suis homophobe, et très fier de cela si c’est pour défendre les enfants à l’école" (5 juin 2013).

"Je serais incapable d’aimer un enfant homosexuel. Je ne vais pas me comporter comme un hypocrite ici : je préfèrerais que mon fils meure dans un accident de voiture plutôt que de le voir avec n’importe quel type moustachu. Pour moi, il serait mort" (17 octobre 2010).

Les Amérindiens, les afro-descendants et les écologistes

"Vous n’aurez plus d’ONG [organisations non gouvernementales] pour étancher votre faim de gauche. Ce sera une purification jamais vue dans l’histoire du Brésil", lors d’un discours en vidéo prononcé le 21 octobre 2018.

Un symbole : Marielle Francisco da Silva, dite Marielle Franco, née le 27 juillet 1979 à Rio de Janeiro et morte assassinée le 14 mars 2018 dans la même ville, est une femme politique, sociologue et militante des droits de l’Homme brésilienne. Elle a souhaité faire de son mandat un lieu de débat sur le genre, la favela, la négritude
Elle a participé au dépôt de 116 propositions et 16 projets de loi, dont un sur la garantie d’accès à l’avortement dans les cas prévus par la loi et un sur l’ouverture des crèches la nuit. Elle était présidente de la Commission de Défense de la Femme.
Assassinée à 38 ans, Marielle Franco était engagée contre le racisme et pour les droits LGBT. Mais elle dénonçait aussi la violence policière et les exactions des milices paramilitaires qui gangrènent Rio.
Sa compagne, sa veuve, Monica Benicio affirme dans un entretien à l’AFP "Marielle est un symbole d’espoir". L’assassinat de Marielle, conseillère municipale noire, criblée de balles à Rio de Janeiro, est toujours non élucidé.
"Ceux qui ont tué Marielle voulaient mettre sous silence tout ce qu’elle représentait, femme, lesbienne, noire combattante des droits humains" .

Le planning aujourd’hui au Brésil, cet été en Argentine et au Chili, hier en Pologne... est solidaire de l’ensemble des femmes, de tous les êtres humains qui luttent pour des espaces de pouvoir et de liberté

Non au fascisme, non au patriarcat
Partout, soyons vigilants

Rencontres / débats

AgendaTous les événements