Allons ensemble... contre le fascisme

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Lors de la manifestation - réussie : entre 3 et 4000 personnes - le 10 novembre 2018, pour protester contre l’élection de Jair Bolsonaro au Brésil [1], le CIIP s’est engagé à publier les prises de paroles qui ont précédées le défilé. Voici celle de Camila, au nom de l’Union de la jeunesse communiste du Brésil et des antifascistes brésiliens vivant à Grenoble.

Bonjour, les camarades.
Je m’appelle Camila, je suis brésilienne et membre de l’Union de la jeunesse communiste, la jeunesse du parti communiste brésilien. Au nom de l’organisation et des antifascistes brésiliens qui vivent à Grenoble, je voudrais vous remercier pour cet acte de solidarité. Nous avons besoin de soutien en ce moment, et il est impératif que les informations sur ce qui se passe dans notre pays aujourd’hui atteignent le plus grand nombre de personnes possible.

Un gouvernement d’extrême droite a été récemment élu avec une stratégie de diffusion de fausses informations, fake news, soutenue de manière illégale avec l’accord de sociétés, de partis et d’organisations internationales. C’est visible aujourd’hui l’insatisfaction populaire qui trouve des bases concrètes dans la crise que traverse le pays. Le résultat de ceci est l’élection d’un gouvernement qui attaque directement la classe ouvrière, avec la suppression des droits politiques, sociaux et du travail, ainsi que la privatisation des institutions qui garantissent les droits fondamentaux tels que la santé et l’éducation. Le fascisme brésilien attaque la raison, la culture et le savoir. Il est ultra conservateur, xénophobe, anti-communiste. C’est opposé à la démocratie et à l’opposition. Il gouverne pour les patrons et il manipule une partie de la population pour soutenir un représentant qui les blesse directement en tant que classe populaire.

Récemment, le président élu a annoncé qu’il allait fusionner le ministère de l’Environnement avec le ministère de l’Agriculture. En revanche, dans le pays le plus riche en biodiversité du monde, l’utilisation des produits agrochimiques est au premier plan.

Il a également annoncé la suppression du ministère du Travail, qui est chargé non seulement de veiller à ce que les entreprises se conforment aux normes du travail, mais également de superviser le travail en servitude et le travail des enfants.

Bien qu’il ne soit pas en fonction avant le 1er janvier de l’année prochaine, le gouvernement actuel opère déjà sous le nouvel régime. Michel Temer a signé un décret qui renforce le caractère répressif de l’État et qui, dans la pratique, affecte directement les mouvements pour le logement et les terrains, ainsi que les organisations de gauche.
Bolsonaro a également déclaré que cela mettrait fin à toutes les formes d’activisme dans le pays, y compris les organisations de travailleurs, le véganisme, l’écosocialisme, le féminisme et les droits des LGBT. En fait, la répression a déjà eu lieu, sous la forme d’intimidation, de menace et de mort. Entre nombreuses attaques visant les femmes, les homosexuels et les noirs, motivés par la querelle politique, le plus emblématique est l’assassinat du maître capoeiriste Moa do Catendê à Bahia, un État du nord-est du Brésil. Ou même aussi la persécution de journalistes, d’artistes et de quiconque se manifestant par une opposition. C’est une politique de peur qui a été appliquée.

Il existe un nouveau moyen de contester des informations, en les diffusant instantanément et à des niveaux massifs. Ce que s’est bien rendu compte de ceci c’est Steve Bannon, conseiller politique américain aux idées d’extrême-droite, qui faisait partie de la campagne de Trump, basée sur les fake news, durant son élection. Maintenant, Bannon est venu en Amérique du Sud, où il a trouvé le représentant de ses idées dans la figure de Bolsonaro. On le sait : le fascisme est la bête du capitalisme et, encore une fois, il est lâche et en colère. Le problème est que la cible est le monde entier. Aux États-Unis, il a fonctionné. Au Brésil, il a trouvé un terrain fertile et a été un succès.

Le mot d’ordre est résistance. Résistance et unité des forces populaires, démocratiques et patriotiques. Ainsi que l’importante solidarité internationale qui se joint à notre lutte. De même, la perspective émancipatrice est internationaliste. Il est nécessaire de combattre le fascisme partout dans le monde, pour la construction d’un projet populaire et socialiste du monde.

Allons ensemble.

"Un Brésil à tous ou à personne !"
"Um Brasil de todos ou de ninguém !" Slogan lors de la manifestation

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