Stop Erdogan ! Soutien à la lutte pour rompre l’isolement carcéral de Abdullah Ocalan, secrétaire du PKK - Contre les projets d’agression du Rojava

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Depuis le 7 décembre, une cinquantaine de militantes et militants kurdes ont entamé une grève de la faim dans les locaux du CDKF (Conseil démocratique kurde en France) à Paris pour suivre le mouvement lancé par Leyla Güven, en grève de la faim depuis le 6 novembre. Députée du HDP (Parti démocratique des peuples), elle est emprisonnée à Diyarbakir depuis janvier 2018, son état de santé se dégrade de jour en jour. Ils seront bientôt rejoint.es par des centaines de prisonniers kurdes en grève de la faim dans les prisons turques.

Tou·tes demandent la fin de l’isolement total de Abdullah Ocalan, secrétaire du PKK, dans un contexte où l’État turc continue à durcir sa répression et à menacer de nouvelles agressions en Syrie.

Des violations quotidiennes des droits humains et des conventions internationales

Depuis plus de deux ans, Abdullah Ocalan, emprisonné depuis 1999, ne peut pas recevoir de visites ou s’entretenir avec ses avocats au mépris de toutes conventions internationales et européennes. Il est même impossible de connaître son état de santé, de savoir s’il est toujours vivant !

Cet isolement, réalisé au mépris du droit international, est à l’image de ce que subissent toutes celles et tous ceux qui se battent pour les droits et libertés fondamentales des populations turques, dans toute leur diversité. C’est à l’image des centaines de milliers de révocations de fonctionnaires, des dizaines de milliers d’arrestations arbitraires, des milliers de maires destitués depuis deux ans.

Alors que la Cour européenne des Droits de l’Homme vient d’exiger la libération de l’ex co-président du HDP, Selahattin Demirtas, Recep Tayyip Erdogan a rejeté avec mépris cette demande, en violation de la Convention européenne des droits de l’Homme et de la Charte universelle des droits humains.

De nouvelles menaces contre le Rojava en Syrie, un an après l’invasion d’Afrin

Le 12 décembre 2018, le président turc Recep Tayyip Erdoğan a déclaré que l’armée turque allait attaquer le Rojava, un territoire situé à l’intérieur des frontières d’un autre État, au nord de la Syrie. Les habitants du Rojava et du nord-est de la Syrie, en particulier les femmes, se sont battus avec un grand courage contre la barbarie, au prix de milliers de morts. Ils sont mondialement connus pour avoir infligé à Daesh ses premières défaites. Au Rojava, les populations ont construit une société démocratique, de coexistence pacifique, où les femmes ont autant de droits politiques que les hommes et occupent les plus hautes fonctions. Un tel exemple est insupportable aux yeux non seulement de Daesh, mais aussi de beaucoup de dirigeants politiques du Moyen Orient, dont le président turc Recep Erdogan.

Le déni des droits démocratiques en Turquie, l’isolement total de Abdullah Ocalan, les menaces contre le Rojava ont partie liée. L’objectif étant de briser pour des années tout esprit de résistance, toutes les aspirations à la démocratie des peuples de la région.

AIAK appelle le gouvernement français et le Président de la République à faire pression sur l’Etat turc :

  • pour qu’il respecte le droit international et renonce à intervenir militairement au Rojava ;
  • pour que les droits de Abdullah Ocalan soient respectés : droit à recevoir des visites, droits de communiquer avec ses avocats ;
  • pour faire respecter la demande de la Cour européenne des Droits de l’Homme qui vient d’exiger la libération de l’ex co-président du HDP, Selahattin Demirtas.

A Grenoble le 17/12/2018

Article publié dans Inter-Peuples n°272, janvier 2019

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