Répondre au défi extraordinaire des armes nucléaires un appel passionné du Parlement des religions du monde

Publié le : , par  Marc Ollivier

La déclaration suivante, élaborée par Jonathan Granoff du Global Security Institute, avec les consultations de soutien de nos estimés présentateurs du Parlement, "l’ex-premier ministre canadien, l’honorable Kim Campbell, le général Romeo Dallaire, le sénateur Douglas Roche, la présidente élue du Parlement, Audrey Kitagawa, Mgr William Swing et Kehkashan Basu" a été adoptée par le Parlement des religions du monde en novembre 2018 pour être diffusés dans le monde entier.

Pour accéder à la version anglaise de cette déclaration, traduite par Marc Ollivier, se connecter au site de l’organisation "Nuclear Age Peace Foundation"

Répondre au défi extraordinaire des armes nucléaires : un appel passionné du Parlement des religions du monde

La capacité destructrice des armes nucléaires est au delà de toute imagination, elle empoisonne le globe terrestre pour toujours.
Ces horrifiques machines posent chaque jour devant nous la question de décider "voulons nous être la dernière génération d’êtres humains ?". Le pouvoir de déclencher cette destruction est entre les mains d’un petit nombre de gens. Mais personne ne devrait détenir un tel pouvoir sur toute la création, que nous considérons comme un trésor sacré pour tous les vivants et pour les futures générations.
Aujourd’hui, il existe plus de 14 000 de ces machines, dont plusieurs centaines sont en alerte permanente. Neuf nations proclament qu’elles peuvent assurer une sécurité globale, tout en préparant des milliers de personnes à utiliser ces armes à un signal donné, en s’appuyant sur des machines pour déterminer si une menace est réelle ou inexistante, en dépensant des milliards de dollars pour le design de ces armes et pour leur déploiement, en transformant en démons les autres peuples et les autres nations, et en consacrant d’énormes crédits pour convaincre les populations que ces armes leur garantissent sûreté et sécurité ; tout en affichant être déjà prêts à les utiliser pour interdire à d’autres de les acquérir, ou pour empêcher d’autres encore de les utiliser les premiers, et en menaçant de les utiliser pour exercer une volonté politique agressive.

Cette conduite est immorale, ignore les obligations légales contenues dans des traités et la décision unanime de la Cour Internationale de négocier l’élimination des armes nucléaires. Elle est pratiquement insoutenable.
On proclame qu’être prêt à utiliser des armes nucléaires, selon la doctrine militaire de la dissuasion, est justifiable. Un tel raisonnement est irréaliste et indéfendable. La possession d’armes nucléaires est fondée sur la soi-disant infaillibilité d’hommes et de machines qui seraient incapables d’utiliser ces armes par accident, erreur de calcul, folie ou intentionnellement. Une telle arrogance est une folie. La possession d’armes nucléaires est immorale, illégale, et doit être rectifiée par une action immédiate.
Des découvertes scientifiques démontrent maintenant que si moins de 1 % des arsenaux actuels étaient utilisés, même pour une première frappe, les conséquences seraient des millions de tonnes de suie dans la stratosphère, ce qui abaisserait la température de la terre, créerait une destruction dramatique de l’ozone et rendrait l’agriculture incapable de faire survivre la civilisation. Une telle frappe détruirait en premier la nation qui l’aurait déclenchée.

Une telle posture, indigne de toute civilisation, est une insulte à la dignité de la vie et une violation de toutes les normes éthiques et morales, pour toutes les religions du monde.
Ignorer les effets humanitaires des armes nucléaires, en exaltant le nationalisme comme un principe plus important, porte l’avilissement moral à des niveaux sans précédents. La possession actuelle et la menace d’utiliser les armes nucléaires constituent un affront manifeste à une culture de la paix, et un obstacle à l’obtention d’une sécurité réaliste, fondée sur la protection de notre foyer planétaire, sur l’élimination de la pauvreté, tout en basant la conduite des nations sur la force de la loi.

Les nations qui proclament que les armes sont bonnes pour elles, mais non pour les autres, violent la règle d’or de toutes les Nations : "Les Nations doivent traiter les autres Nations comme elles souhaitent être traitées".
Les armes nucléaires promeuvent la culture de la violence extrême, en proclamant implicitement que l’objectif de sécurité pour un Etat peut légitimement mettre en cause le droit d’exister de toutes les générations futures.
Les neuf nations dans le monde qui maintiennent cette menace mortelle pour la vie de chaque habitant de notre planète [1] doivent changer leur conduite.
Les États nucléarisés devraient :

  • retirer leurs armes du statut de mise en alerte permanente ;
  • diminuer le volume de leurs arsenaux ;
  • mettre en application le Traité d’interdiction des essais nucléaires en le ratifiant ;
  • abaisser le statut opérationnel de leurs armes ;
  • découpler les bombes de leurs transporteurs ;
  • renforcer les institutions de vérification et d’inspection créées par les traités ;
  • étendre les actuelles zones libres d’armes nucléaires, qui font virtuellement de l’hémisphère sud une zone libérée de ces armes ;
  • enfin s’entendre pour accepter explicitement une logique clairement affirmée depuis des décennies : "Une guerre nucléaire ne peut jamais être gagnée et donc ne doit jamais être ouverte".

Nous lançons donc un appel passionné aux dirigeants de toutes les religions, à tous les peuples de bonne volonté et à tous les dirigeants des nations, qu’elles soient dotées ou non d’armes nucléaires, à s’engager à œuvrer pour éliminer pour toujours ces horribles engins

Nous appuyons le Traité visant l’interdiction des armes nucléaires, et le devoir, expressément énoncé dans le Traité de non-prolifération des armes nucléaires, de parvenir à un monde exempt d’armes nucléaires. 

Nous appelons les neuf pays dotés d’armes à entamer rapidement les négociations en vue de l’obtention d’un ou de plusieurs instruments juridiques permettant l’élimination de toutes les armes nucléaires.

Source : Nuclear Age Peace Foundation (en anglais)

Les lecteurs qui cherchent des informations sur le "Parlement des Religions du Monde" peuvent se connecter à son site où ils trouveront les textes d’invitation (en anglais) à sa dernière session, tenue à Toronto du 1er au 7 novembre 2018. Cette session a réuni plus de 10.000 participants, de 80 pays et 200 courants spirituels, pour débattre de six thèmes problématiques d’intérêt mondial.
D’autres informations sont fournies par l’encyclopédie Wikipédia.

[1États-Unis et Russie (avec plus de 90% des armes), Chine, France, Royaume-Uni (cinq membres permanents du Conseil de sécurité et membres du Traité de non-prolifération nucléaire) et Inde, Pakistan, Corée du Nord et Israël.

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