Contre la répression ! Liberté de manifester ! édito Inter-Peuples n°27, mars 2019

Publié le : , par  CIIP

7 000 arrestations, 1 900 blessés dont certains gravement, des mort·es [1], 1 000 condamnations en deux mois. Cette incroyable répression policière et judiciaire ne suffisait pas pour défendre l’ordre établi. Désormais, le pouvoir macronien attaque la liberté de manifester. Un projet de loi - extrêmement inquiétant et liberticide -, visant soit disant à "renforcer et garantir le maintien de l’ordre public lors des manifestations" - a fait l’objet le 5 février dernier d’un vote à l’Assemblée nationale et a été adopté par 387 voix contre 92, et 74 abstentions (dont 50 au sein de la majorité LREM).

Cette loi, qui sera très probablement adoptée après passage devant les sénateurs, est présentée comme une loi "anti-casseurs" par un gouvernement qui confirme, alors qu’il est incapable de faire taire la contestation et les revendications légitimes de justice sociale, sa détermination à restreindre les droits et libertés démocratiques : interdiction de manifester, fouilles, fichage généralisé. Une véritable "loi de la peur", selon l’avocat François Sureau, "loi générale contre l’exercice d’une liberté publique", selon le Syndicat des avocats de France, dénoncée par les associations de défense des droits démocratiques, critiquée jusque dans les rangs de la majorité LREM et du syndicat de l’UNSA police. Le pouvoir policier ordonne aux policiers de gazer, tabasser, blesser, mutiler… mais c’est contre les manifestant·es, contre ces dangereux individus refusant de baisser les yeux et de rentrer sagement chez eux qu’il faut sévir. Un très dangereux glissement autoritaire en cours, illustré fin janvier par la tentative de perquisitions dans les locaux de Mediapart, sans même consultation, comme c’est de droit, du juge des libertés.

Premiers concernés quand on parle de manifestations, les syndicats sont, sans surprise, vent debout contre cette "loi anti-casseurs", y compris la CFDT. Ainsi que les partis politiques (France insoumise, PCF, Ensemble !, Europe Ecologie, NPA, Lutte ouvrière…) et les associations de défense des droits de l’Homme. En Isère, un Collectif vient de se créer, auquel participent la Ligue des droits de l’Homme, le CIIP, Sortir du nucléaire, les sections locales des organisations politiques citées ci-devant, Solidaires, la FSU, l’Union des lycéens… Ce Collectif, qui dénonce unanimement l’utilisation d’armes mutilantes, propose notamment de mettre en place un fichier de personnes interdites de manifester, et d’organiser prochainement une réunion publique d’information et de débat. Que le pouvoir macronien le veuille ou non, la rue existera toujours. Le peuple, notamment dans ses couches socio-économiques les plus exploitées, ne renoncera jamais à l’expression de ses revendications et de ses colères légitimes. A nous tous et toutes de l’accompagner dans ses révoltes et ses revendications, et sa défense des libertés fondamentales qui sont gravement menacées.

Édito publié dans Inter-Peuples n°274, février 2019

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