Au Japon, en ex-URSS le nucléaire tue : en France il peut le faire !

Publié le : , par  Olivier Potet

Il y a 8 ans, jour pour jour, eut lieu la catastrophe nucléaire de Fukushima, suite à un tsunami et à un tremblement de terre. Elle fait encore des victimes (notamment des enfants et des adolescent·es atteints de certains cancers rares à leurs âges) et cela continuera longtemps sur une large région contaminée de façon durable. La "décontamination" est un leurre : les particules radioactives resteront dans les sols pendant des siècles, rendant toutes cultures toxiques. De plus la situation n’est pas réglée au niveau de la centrale avec un million de tonnes d’eau radioactive susceptible d’être déversée dans la mer, augmentant la contamination des poissons. Pourtant le gouvernement japonais prétend que le danger initial est passé et les mesures de la radioactivité pourraient être fortement diminuées. Les habitant·es qui ont quitté la région de Fukushima sont poussé·es à revenir, les compensations financières à leurs préjudices étant supprimées. Une partie des J.O. de 2020 pourraient se dérouler dans la région…

Pour dénoncer les conséquences de cette catastrophe et les dangers du nucléaire, après la tournée de Naoto Kan, premier ministre japonais en 2011, de nombreux évènements sont organisés ce mois : projections du film "Fukushima, le couvercle du soleil" (au Club en ce moment), certaines avec le réalisateur, venues de mères de famille de la région de Fukushima, parfois avec leurs enfants (dont une le 27 mars à Grenoble pour la troisième fois), conférences de Tetsuji Imanaka, chercheur en radio écologie à l’université de Kyoto.

Les Japonais·es ont de quoi s’inquiéter : 33 ans après la catastrophe, celle de Tcherbonyl continue d’empoisonner les populations en Ukraine, Biélorussie et Russie : huit-millions de personnes habitent dans des zones encore contaminées par des éléments radioactifs entrés dans la chaîne alimentaire pour au moins trois siècles ! Non seulement les "liquidateurs" ont connu un taux effroyable de cancers et de décès, mais pour les habitant·es actuel·les les cancers, là aussi les enfants sont particulièrement touché·es, les malformations congénitales et la mortalité périnatale restent largement plus fréquents qu’ailleurs. Ceci malgré la délimitation d’une vaste zone évacuée…

En France des tremblements de terre sont possibles : un accident "naturel", lié à l’imprévoyance des responsables, y est tout à imaginable. Autre risque : l’entêtement des gouvernements à prolonger la durée d’exploitation des centrales, initialement prévues pour 30 ans, jusqu’à 50 ans, voire 60 ans. Autre fuite en avant : le projet de mettre en charge l’EPR de Flamanville, alors que la cuve de confinement n’est pas conforme. Tout ceci se fait au prix de l’accumulation de déchets : pour nier ce problème, les nucléocrates veulent les enfouir irréversiblement à Bure, niant le risque de fuites. N’oublions pas que l’uranium est importé du Niger, après avoir été extrait dans les pires conditions de pollution nucléaire : le nucléaire étend ainsi ses méfaits dans cette ex-colonie. Pour finir, soulignons que le gouvernement et l’armée s’accrochent à l’arme atomique, envisageant froidement une stérilisation de la planète, en refusant de signer le traité international d’interdiction de ces armes !
M. Naoto Kan le dit : le seul moyen fiable d’éviter un accident nucléaire est la fermeture des centrales. A nous d’imposer cette mesure de bon sens pour aller vers une transition énergétique sure pour le climat et les populations !

Le 11 mars 2019

Pour aller plus loin : https://www.sortirdunucleaire.org/, notamment pétition en ligne :
"Le nucléaire n’est pas notre avenir, arrêtons-le !"

Article publié dans Inter-Peuples n°275, avril 2019

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