Arrêtée et expulsée de Turquie

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Partie en Turquie invitée par le parti HDP, Parti démocratique des peuples, pour témoigner du déroulement des élections municipales du 31 mars et de ce que vivent notamment les Kurdes en Turquie, Maryvonne Mathéoud, présidente d’AIAK (Association iséroise des amis des Kurdes) a été arrêtée à son arrivée à l’aéroport d’Istanbul puis expulsée vers la France après avoir été mise au secret pendant 14 heures dans un local de l’aéroport.

Maryvonne Mathéoud devait se rendre dans l’Est du pays, à Dyarbakir, pour rencontrer des familles, militants, élus, personnes parrainées par AIAK. L’association était invitée par le HDP, Parti démocratique des peuples, pour témoigner sur les conditions de déroulement des élections municipales. A son retour, elle devait témoigner sur la situation dans la région du Kurdistan turque [1], tandis que les élections municipales se tiennent le 31 mars en Turquie, dans un contexte de répression fasciste.

A son retour ce dimanche 24 mars, elle a déclaré :

"Nous venons de vivre un cauchemar. Les trois délégués de Rhône Alpes ont subi des interrogatoires et des conditions de rétention extrêmement violentes, dans l’enceinte de l’aéroport Atatürk. J’ai été violentée par une policière pour m’extorquer le mot de passe de mon téléphone. La police a ensuite recherché des éléments de ma vie privée et militante sur mes comptes internet et m’a très vite menacée de cinq ans de prison puis de mort. Un policier a voulu me mettre un sac sur la tête, sans doute pour m’étouffer.
 Nous trois avons subi dans les deux centres respectifs (femmes/hommes) une violence haineuse avec des insultes en anglais nous traitant de terroristes. Dès notre mise en détention, nos amis ont alerté les autorités françaises qui sont intervenues par l’intermédiaire du consulat de France à Istanbul".

Les 3 délégué·es de Rhöne-Alpes
Maryvonne, Thierry et Gilles à leur retour de Turquie, brandissant leurs passeports qui porte la mention d’interdiction d’entrée en Turquie.
Photo : Le Travailleur Alpin

Il faut savoir que le gouvernement d’Erdogan a déjà arrêté les maires qui avaient été élus précédemment ainsi que les députés, les journalistes… tous ceux qui luttent contre le régime d’Erdogan. Actuellement, il y a une grève de la faim massive pour demander la libération des prisonniers politiques et l’arrêt de l’isolement d’Öcalan (fondateur du PKK, Parti des travailleurs du Kurdistan).

ONG non grata

Considérées comme des terroristes au même titre que les élus du HDP, que le peuple kurde, les associations de solidarité avec les Kurdes sont désormais interdites de territoire en Turquie.
Déjà, le 18 mars dernier, la présidente et un membre de l’Association française du Kurdistan qui s’étaient rendus en Turquie pour remettre un prix littéraire à Sélahattin Demirtas, député kurde emprisonné, pour son œuvre “L’Aurore”, ont été interpellé·es à l’aéroport d’Istanbul, gardé·es à vue 40h et expulsé·es. (Cf. le communiqué de la Coordination Nationale de Solidarité avec le Kurdistan).

De mauvais signes avant les élections municipales du 31 mars...

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