J’veux du soleil

Publié le : , par  Stéphane Garac

L’avant-première du documentaire de Gilles Perret et François Ruffin "J’veux du soleil" a réuni de nombreux spectateurs le vendredi 15 février à Grenoble.

Le cinéma Le Club avait réservé pas moins de trois salles toutes pleines à craquer pour accueillir le public. Les réalisateurs étaient bien sûr présents. Pour celles et ceux qui l’ignorent encore le sujet est simple, Ruffin et Perret partent à travers la France à la rencontre de "gilets jaunes" sur les ronds-points occupés.

Le résultat donne un film qui semble saisir la réalité de ce mouvement et qui sait à travers ces hommes et ces femmes montrer leurs colères, leur révolte et les difficultés de leur vie quotidienne. Il montre aussi leur détermination face à un pouvoir qui reste sourd. Il y a beaucoup d’humanité dans ce film et les réalisateurs savent laisser du temps aux différents témoignages. Certains sont vraiment poignants.

Le film est tourné en quelques jours durant le mois de décembre, on y voit principalement François Ruffin discuter et poser des questions à ces "Gilets jaunes" sur les ronds-points. Bien, souvent, cela se passe dans le froid et sous la pluie, ce qui fait dire à Ruffin : "il s’agit là d’une révolte de gens dur à la peine, capable de rester de longues heures au froid".

Le film est entrecoupé de courts extraits des interventions officielles de Macron et également de brefs montages d’interventions de journalistes ou autre sur les chaînes d’infos utilisant tous des mêmes mots pour parler du mouvement.

"...avec des cure-dents"

Après la projection, un débat s’est engagé avec François Ruffin, ce qui lui a donné l’occasion de s’exprimer sur ce mouvement social inédit. Il est tout d’abord revenu sur l’historique de celui-ci en déplorant l’absence des syndicats dans les mobilisations au mois de décembre. Il en était d’autant plus amer que pour lui le pouvoir a eu peur à ce moment-là et qu’il a chancelé. "c’est dommage, car pour nous, les occasions sont rares" a-t-il déclaré.
Il a également insisté sur les liens qui se créent entres ces personnes qui sur ces lieux d’occupations prennent le temps de se connaître, de parler, d’imaginer des solutions pour se faire entendre et se réapproprier le pouvoir. Ce fameux lien social que politiciens ou philosophes appellent de leur vœu, mais qu’ils sont incapable de voir quand il est là.
Puis il a continué en disant qu’il croyait à la violence collective en prenant pour exemple la prise de la bastille qui "ne s’est pas faite avec des cure-dents". Mais qu’en revanche, il ne croyait pas à la violence individuelle (par ex action directe) et qu’il craignait que par absence de réponse et de dépit certains se sentent poussés vers ce type de violence.

Il espère avec ce film renforcer la vitalité de cette mobilisation et inciter les citoyen·nes à la rejoindre, principalement celles et ceux issus de la classe moyenne qui voit parfois celle-ci avec méfiance.
Il a terminé en disant qu’il redoutait une forme de censure orchestrée par les médias, les autorités, les directeurs de salle à travers la France. Ce ne sera pas le cas à Grenoble puisque le film sera à l’affiche au Club [1] le 3 avril. A ne pas manquer…

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