Ces peuples autochtones persécutés, massacrés mais qui résistent…

Publié le : , par  Jo Briant

"Nous et la terre ne sommes qu’un. Si vous la prenez, vous tuez l’esprit qui nous donne la vie. Nous devenons alors des ombres d’êtres humains vivant chez les autres. Notre terre est notre survie et nous la prendre signifierait l’extinction de notre peuple", Porte-parole aborigène d’Australie. Mais ce pourrait être le porte-parole de n’importe quel peuple autochtone. Ces peuples autochtones - environ 400 millions d’hommes, de femmes, d’enfants - regroupés au sein de près de 6000 peuples ou communautés- de tous les continents : des peuples originaires, viscéralement attachés à leur terre, à leur environnement naturel, qui ne veulent "emprunter" à la Nature que ce dont ils ont besoin pour vivre. Ils sont foncièrement anti-extractivistes, anti-consuméristes et se heurtent donc à tout un système dominant, prédateur, concrètement aux multinationales, aux gros propriétaires terriens et à "leur" État qui convoitent leurs terres, "leur" pétrole, "leur" charbon, "leurs" métaux rares…

État des lieux : quelques exemples…

Impossible de recenser ici toutes les atteintes, souvent gravissimes, dont sont victimes aujourd’hui les peuples autochtones. On pense évidemment aux peuples amérindiens qui ont survécu au massacre collectif des années 1500 suite à l’arrivée des conquérants espagnols et portugais. Aujourd’hui, citons le peuple mapuche du Chili toujours soumis à la loi anti-terroriste de Pinochet (1980), dont le territoire est littéralement occupé par les Carabiniers et l’armée. Un peuple dépossédé à 90% de ses terres, de ses forêts, de ses ressources. Dernière victime connue : Camilo Catrillanca, militant mapuche, mort d’une balle dans la nuque le 14 novembre 2018. On pense évidemment aux peuples amérindiens du Brésil menacés directement par le président fasciste Jair Bolsonaro qui a promis de revoir la délimitation des terres amérindiennes. Plusieurs Amérindiens ont été tués depuis son élection, mais il se heurte à une très forte résistance et a dû renoncer pour l’instant à cette remise en question des terres indiennes. Citons l’incroyable catastrophe sanitaire et écologique qui se déroule aujourd’hui - depuis au moins trente ans - au cœur de l’Amazonie sur un territoire français d’Outre-mer, la Guyane française. Quelques milliers d’Indiens tentent de survivre face à des milliers de chercheurs d’or clandestins qui se cachent – à peine - dans la forêt, une forêt primaire mise à sac, dont les rivières et les criques sont polluées par des tonnes de mercure et de boue. Résultat : prostitution, du crack, alcool, du mercure. Et un taux de suicide énorme au sein de cette communauté indienne - française. Une honte absolue. On pourrait parler des Bushmen du Kalahar au Bostswana, du peuple Kwe de Namibie interdit de chasse alors que c’est sa principale ressource… Et tant de peuples autochtones tout simplement menacés de disparaître…

Une impérative solidarité avec ces peuples autochtones…

Depuis des décennies les peuples autochtones demandent la reconnaissance de leur identité, de leur mode de vie, de leurs terres, de leurs ressources naturelles. Deux déclarations internationales fondatrices de leurs droits :

  1. la Convention 169 de l’Organisation internationale du Travail (OIT), organisme de l’ONU, adoptée en 1967.
  2. la Déclaration de l’Assemblée des Nations Unies du 27 août 2010.

En gros, ces deux déclarations reconnaissent le Droit à leur Terre, à une délimitation de leur territoire et à l’auto-détermination (droit à une certaine autonomie), à la libre expression de leur langue, de leur culture. Ce n’est pas rien : les peuples autochtones peuvent s’y référer, mais encore faut-il créer un rapport de force, organiser des rassemblements, des marches, des grèves de la faim… et la Solidarité internationale. D’autant plus que par leur mode de vie et leurs revendications, les peuples autochtones nous interpellent, interpellent notre mode de vie et de développement foncièrement antinomiques avec le leur. Une organisation internationale solidaire incontournable : Survival International : survivalinternational.fr à Paris [1].

Article publié dans Inter-Peuples n°278, été 2019

[118, rue Ernest et Henri Rouselle 75013 Paris, Tel : 01 42 41 47 62

Point de vue sur...

AgendaTous les événements