Iran, Palestine : la stratégie mortifère, criminelle de Trump contre l’Iran et les Palestiniens édito n°278, été 2019

Publié le : , par  CIIP

Quasi simultanément deux offensives sont menées par Donald Trump et les États-Unis contre les peuples iranien et palestinien, avec le soutien des monarchies du Moyen-Orient, notamment l’Arabie Saoudite, et d’Israël. L’Iran d’abord : faut-il rappeler qu’en 2010 Barack Obama et l’Union européenne ont tenté une nouvelle approche débouchant sur la signature en 2015 de l’Accord gelant le programme nucléaire de l’Iran, et le retour du régime iranien sur la scène internationale avec la fin des sanctions et de son statut de paria. On connaît la suite : à peine arrivé au bureau ovale en janvier 2017, Donald Trump déchire l’accord sur le nucléaire, durcit les sanctions et promet de mettre à genoux l’économie iranienne en l’empêchant de vendre son pétrole sur le marché international, allant jusqu’à sanctionner les entreprises voire les États qui oseraient commercer avec l’Iran ! Avec l’objectif de contraindre les Iraniens à renégocier l’accord signé à Genève, allant jusqu’à brandir la menace d’un conflit armé. Un risque énorme qui risque d’embraser le Moyen-Orient…

Parallèlement - mais il y a bien un lien entre ces deux stratégies - Washington a réussi à convaincre un certain nombre d’États, dont bien sûr les mêmes monarchies du Moyen-Orient… et évidemment Israël, à "régler la question palestinienne" à coup de milliards de dollars en organisant une Conférence (de Bahreïn)… sans évoquer un moment le droit à l’autodétermination du peuple palestinien et donc à un État. Trois véritables leurres à travers cette Conférence internationale (à laquelle - heureusement  ! - a refusé de participé l’Union Européenne) : "Libérer le potentiel économique" des Palestiniens, "permettre aux Palestiniens de réaliser leurs ambitions" et "améliorer la gouvernance palestinienne". 50 : c’est en milliards de dollars la somme prévue en dix ans et répartie en 26 milliards de dollars de prêts, 13 milliards de subventions et 11 milliards de dollars d’investissements privés. Avec la promesse de doubler le PIB des Palestiniens. Un plateau sur lequel il manque le principal : l’autodétermination du peuple palestinien, son droit à un territoire (Cisjordanie et Gaza, en continuité, avec Jérusalem-Est comme capitale). L’ensemble des organisations palestiniennes, pour une fois passant outre leur division, rejettent totalement ce plan et ont refusé de faire le déplacement à Bahreïn. "Ce plan est inacceptable car il veut effacer les droits légitimes du peuple palestinien", ont déclaré les principaux responsables palestiniens.

Alors que la tension monte entre les États-Unis et l’Iran (tension dont Donald Trump et Netanyahu sont principalement responsables), tout semble indiquer que cette conférence n’est qu’un prétexte pour rapprocher nombre de pays arabes et Israël, unis dans leur combat régional contre l’Iran. Un véritable leurre, alors que les États-Unis ont fermé le bureau de l’OLP à Washington, après avoir reconnu Jérusalem comme la capitale légitime d’Israël, ainsi que l’annexion du Golan syrien par Israël, et après avoir supprimé leur aide financière à l’UNRWA, agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens, et émis des signaux favorables pour la mainmise totale par Israël sur la Cisjordanie.

Nous devons exiger de l’Union Européenne et du gouvernement français d’une part une dénonciation claire, sans ambiguïté, de cette Conférence (en reconnaissant enfin le droit du peuple palestinien à un État) et d’autre part de cette véritable agression contre l’Iran. Une double politique agressive, avec un risque non négligeable d’embrasement. Paix et Justice au Moyen-Orient : on en est loin… 

édito publié dans Inter-Peuples n°278, été 2019

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