Ce petit bout de métal dans l’utérus des femmes : un scandale absolu… et occulté

Publié le : , par  Jo Briant

Quels médias ont parlé de la méthode contraceptive "Essure", une méthode contraceptive définitive, irréversible, aussi destructrice que traumatisante, mise au point et largement diffusée par Bayer, cette société pharmaceutique allemande tristement célèbre, comme la société Monsanto ? Très peu, sinon par les Pharma papers [1], la revue Fakir… Et pourtant, cette méthode contraceptive, c’est ce petit bout de métal implanté dans l’utérus de centaines de milliers de femmes (175 000 femmes françaises) et ce depuis plus de dix ans, et interdit - enfin !- depuis un an. En quoi consiste cette méthode contraceptive ? En l’introduction de micro-implants (petits ressorts en métal) dans les trompes, empêchant ainsi les spermatozoïdes d’atteindre l’ovule, de sorte que toute fécondation devient impossible. "Moi, j’ai perdu la vision, je ne voyais plus d’un œil. J’ai eu une sinusite pendant deux ans. J’avais commencé à perdre l’usage de mon bras gauche. J’ai perdu mon travail d’auxiliaire de puériculture, un sac à main pesait des tonnes. Je ne pouvais plus lire des histoires à mes enfants le soir…" (Journal Fakir n°91, novembre 2019, p. 11). Un témoignage parmi des centaines d’autres. Dix ans durant ( 2006-2017) cette méthode Essure, ce bout de métal, ont détruit des milliers de vies. Commercialisé par Bayer, Essure a bénéficié des mêmes passe-droits que tous les "dispositifs médicaux" : contrairement aux médicaments, il n’est pas soumis à autorisation de mise sur le marché. Il a fallu attendre dix ans d’implantation de ce contraceptif, en dépit de multiples témoignages d’un véritable calvaire subi par toutes ces femmes, pour qu’enfin la vérité éclate et que ce contraceptif soit interdit. Autre problème tout aussi dramatique : il est extrêmement difficile d’enlever ce petit bout de métal. L’explantation de ces implants est très délicate, c’est une véritable boucherie exploratoire. Si on essaie de le retirer, il casse le plus souvent, les chairs sont arrachées, et l’hystérectomie - prélèvement de l’utérus - est quasiment inévitable.

Combien de femmes ont été touchées ? Le Ministère de la Santé estime à 175 000 le nombre de femmes françaises porteuses de ce dispositif et qui ne savent pas toujours, parce que non ou mal informées, quelle peut-être la cause de leurs problèmes de santé. Notons en outre que la firme Bayer n’a prévu aucun protocole de retrait. Les labos Bayer, quand on les sollicite, sont aux abonnés absents quand ils sont sollicités ! La firme allemande a simplement arrêté la commercialisation d’Essure en France en septembre 2017, mais – il faut bien écouler les stocks - le dispositif continue à fonctionner dans la plupart des autres pays européens (en Allemagne bien sûr, mais aussi en Angleterre) !

Une longue bataille judiciaire est engagée, par l’association Resist [2] et les femmes concernées qui veulent bien témoigner et s’impliquer… Mais quand on demande au Ministère de la Santé de faire des études, de constituer une commission d’enquêtes… rien. Un exemple parmi tant d’autres de tout un système marchand, privatisé de la santé qui peut déboucher – comme c’est le cas ici - sur la destruction de milliers de vies et des souffrances inouïes…

Article publié dans Inter-Peuples n°282, janvier 2020

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