Pour une alternative démocratique et la souveraineté populaire en Algérie

Publié le : , par  Marc Ollivier

Interdites par l’administration, d’après le témoignage de Karim Aimeur, les assises nationales pour l’Alternative démocratique et la souveraineté populaire, qui devaient être organisées à la Safex à Alger, se sont tenues au siège du RCD à El-Biar, dont la cour qui a abrité les travaux s’est avérée trop exiguë pour contenir les centaines de participants à la rencontre.

Des syndicalistes, des activistes du mouvement populaire venus de différentes wilayas, plusieurs anciens détenus d’opinion, notamment ceux de l’association RAJ, des représentants d’organisations de la société civile et des personnalités publiques, dont le sociologue Nacer Djabi et l’ancien diplomate Abdelaziz Rahabi, ont participé à cette rencontre présidée par le Parti des travailleurs (PT)... Cela en plus des dirigeants des partis membres du Pacte de l’Alternative Démocratique (PAD), organisateur de l’évènement (RCD, FFS, PT, UCP, MDS et PST, en plus de la Laddh, aile Noureddine Benissad).

L’article de Karim Aimeur précise dans sa conclusion :

Ces forces politiques appellent, en outre, à une transition démocratique autonome et un processus constituant souverain, estimant que la rupture avec le système en place exige l’organisation d’une période de transition démocratique à même de satisfaire les aspirations légitimes du peuple algérien. Cette transition permettra, selon elles, « un assainissement institutionnel, juridique et politique préalable à l’exercice effectif de la souveraineté populaire par le suffrage universel libre et transparent ». « La période de transition sera vouée à la mise en place consensuelle d’un processus constituant souverain destiné à déconstruire les fondements de l’autoritarisme politique et à refonder l’État pour consacrer une nouvelle république démocratique et sociale », ont-elles défendu, ajoutant que l’ouverture de la période de transition démocratique passe par la dissolution de toutes les institutions illégitimes.

D’après Karim Aimeur, dans le deuxième document adopté, la "motion de soutien aux détenus d’opinion et politiques", les participants ont appelé à la libération sans conditions des détenus.

Nous reprenons ci-après de larges extraits d’un autre article de Hacen Ouali, publié dans le journal El Watan du 26 janvier, sur les résultats de ces assises nationales du PAD.

Dans la perspective de remettre au cœur de la bataille politique le projet de la transition démocratique, les leaders du PAD ont convenu de préparer une « conférence nationale indépendante du système ».

La coalition regroupée au sein du Pacte de l’alternative démocratique (PAD) tient viscéralement à son projet de transition démocratique. Les dirigeants de cette coalition l’ont fortement martelé hier lors des « assises nationales pour l’alternative démocratique et la souveraineté populaire », tenues dans un climat de recul des libertés.
« La rupture avec le système en place exige l’organisation d’une période de transition démocratique à même de satisfaire les aspirations légitimes du peuple algérien », soutiennent-ils dans la résolution finale de leurs travaux. Ils assurent que cette solution « reste de l’ordre de la nécessité pratique et historique. Elle permettra un assainissement institutionnel, juridique et politique, préalable à l’exercice effectif de la souveraineté populaire par le suffrage universel libre et transparent.
La période de transition sera vouée à la mise en place consensuelle d’un processus constituant souverain, destiné à déconstruire les fondements de l’autoritarisme politique et à refonder l’Etat pour consacrer une nouvelle République démocratique et sociale… » En déclinant les modalités de sa mise en place, les participants aux assises, qui ont duré toute la journée d’hier au siège du RCD, indiquent que « l’ouverture de la période de transition démocratique passe par la dissolution de toutes les institutions illégitimes ».

Se succédant à la tribune, les leaders de l’opposition démocratique ont, tour à tour, rappelé « la nécessité de rompre avec le système politique condamné par l’histoire ». Les Belabbas (RCD), Laskri (FFS), Ghares (MDS), Assoul (UCP), Tazibt (PT), Rachedi (PST), les animateurs de la société civile et autres personnalités ont longuement insisté sur l’importance de la poursuite de la révolution démocratique en cours dans le pays. Ils considèrent que le scrutin du 12 décembre, qui a porté Abdelmadjid Tebboune à la tête de l’Etat, constitue « un coup de force qui entérine l’irresponsabilité des autorités de fait et reconduit l’illégitimité du régime ». Pour eux, « le rejet quasi total du simulacre de scrutin par les citoyens, à travers toutes les localités du pays, disqualifie l’entreprise de maintien de l’ancien régime et marque la fin historique d’une longue imposture politique ».

Et en cohérence avec ce positionnement, les forces composant le Pacte de l’alternative démocratique rejettent la démarche du chef de l’Etat, engageant des concertations avec la classe politique en vue de la révision de la Constitution.
Tout en rappelant les vertus du dialogue pour engager une transition politique sérieuse, les intervenants ne se laissent pas séduire par les appels du pied de la Présidence. « Le dialogue dont il est question ne doit pas être confondu avec les rencontres bilatérales ou autres visites protocolaires, convoquées par un chef d’Etat en manque de légitimité, dans le but de servir de faire-valoir institutionnel à un pouvoir rejeté par plus de 90% des Algériens », fustige le président du RCD, Mohcine Belabbas, dont le parti est particulièrement ciblé par les agressions politiques et policières. « Le dialogue ne doit pas être confondu aussi avec les conciliabules pour négocier une participation ou un partage du pouvoir, forme de corruption ou de compromission qui a prévalu jusque-là dans les mœurs du régime », assène-t-il encore.
Dans la même veine, le leader du MDS, Fethi Ghares, assume pleinement sa radicalité et assure que « dans une révolution populaire, on ne dialogue pas, mais on négocie la fin d’un régime autoritaire ». De son côté, Ramdane Tazibt, qui a pris la parole au nom du Parti des travailleurs, juge que la révolution en cours « a toutes les chances d’aboutir en donnant la parole au peuple algérien pour prendre son destin en main et choisir librement la nature du régime à mettre en place pour rompre avec le système actuel ».

Mahmoud Rachedi du Parti socialiste des travailleurs a fortement insisté dans son intervention sur « la nécessité de protéger les richesses nationales et la garantie d’une justice sociale pour ne pas livrer le pays aux puissances impérialistes. Cela ne peut se faire que dans un climat de liberté et de démocratie » .
La présidente de l’Union pour le changement et le progrès, Zoubida Assoul, préconise « la nécessité de mettre en place un véritable Etat de droit, où la citoyenneté doit être pleinement garantie ».
Les autres intervenants au nom des associations, syndicats, collectifs citoyens ont insisté sur la nécessité de poursuivre la mobilisation populaire comme seul garant d’un changement démocratique. En somme, si chaque intervenant est allé de sa tonalité, l’ensemble des participants aux assises nationales « pour l’alternative démocratique et la souveraineté populaire » convergent sur l’essentiel : « Une transition démocratique autonome et un processus constituant souverain. ».

Et dans la perspective de remettre au cœur de la bataille politique ce projet, les acteurs du PAD ont convenu de préparer une « conférence nationale indépendante du système ».
« Celle-ci rassemblera toutes les forces agissantes de la société qui s’engagent à concrétiser les exigences démocratiques exprimées par le peuple depuis le 22 février et qui refusent le coup de force du 12 décembre et le processus de restauration de l’autoritarisme ainsi que la politique de l’octroi, imposés contre la volonté et la souveraineté populaires. » Une conférence dont l’objectif est de définir « les modalités, les règles et les échéances consensuelles de la transition et du processus constituant souverain ».

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