Les Grenoblois·es solidaires avec le peuple chilien

Publié le : , par  Jo Briant

Depuis le 17 octobre 2019, le Chili est secoué par une révolte massive. Du refus notamment des étudiant·es de l’augmentation du prix du ticket de métro, les revendications se sont élargies contre les dégâts du libéralisme : privatisation de l’éducation, la santé, les retraites, de l’eau, du gaz, de l’électricité… de tous les secteurs de la vie sociale et économique ! Faut-il rappeler que le coup d’État militaire perpétré par Augusto Pinochet et la fraction fasciste de l’armée chilienne le 11 septembre 1973 a non seulement enfoncé la société chilienne durant dix sept ans (1973-1990) dans une dictature terrifiante (dizaines de milliers d’assassiné·es, de torturé·es, de disparu·es, centaines de milliers d’exilé·es), mais qu’elle a fait du Chili un véritable laboratoire du libéralisme extrême et de la privatisation de tous les secteurs de la vie sociale et économique : éducation, santé, sécurité sociale, service des eaux, de l’électricité, des forêts, sans oublier la culture, en faisant appel aux Chicago’s Boys (économistes ultra-libéraux des États-Unis). Un modèle destructeur de toute vie sociale, générant les inégalités les plus extrêmes, qu’ont reproduit sans s’y attaquer les divers gouvernements sociaux-démocrates qui se sont succédé depuis 1990.

Tout un peuple qui se mobilise massivement contre la répression et pour une autre société

Depuis le 17 octobre dernier ce sont des millions de Chilien·nes qui sont dans les rues, sur les places, faisant face avec héroïsme à une répression terrifiante : 10 000 soldats et policiers appuyés par des hélicoptères et des blindés patrouillent les rues des villes et même des villages. A ce jour, même si ces chiffres sont en deçà de la réalité, on dénombre au moins 25 Chilien·nes tué·es, 2 000 blessé·es. Environ 80% des blessures, souvent oculaires, sont dues à des balles en caoutchouc : des balles de 8 mm contenant aussi du métal. Une photographe – Albertina Martinez Burgos -, qui documentait les abus de la police, a été assassinée : son corps a été retrouvé, au milieu de taches de sang, à son domicile. L’institut chilien des droits de l’Homme a recensé en outre au moins 93 victimes de violences sexuelles. Même le président Sébastien Piñera a dû condamner les violences commises par la police, ces violences persistent. Et l’on dénombrait fin octobre 2019 plus de 5500 arrestations dont 200 mineur·es, avec un centre clandestin de détention et des actes de torture et de nombreux viols. Quand le président Piñera renoue avec les pires pratiques de la dictature de Pinochet… à laquelle il a participé.

Chili : Pour une nouvelle Constitution
Photo CC : Pablo Vásquez

Malgré cette répression terrifiante, la mobilisation de tout un peuple continue aujourd’hui en ce début février 2020. Rassemblements, manifestations, mais aussi rencontres dans les quartiers, Les femmes sont particulièrement mobilisées qui manifestent et expriment leur colère et leurs revendications avec casseroles et chaudrons. Elles témoignent de façon déterminée leur engagement pour leurs droits et la vie. Autant de protestations et de manifestations qui sont l’expression de leur rejet absolu de l’État néo-libéral qui marchandise tous les secteurs de la vie sociale et culturelle. Ils exigent une autre Constitution, radicalement autre que la Constitution fasciste instaurée par Pinochet en 1980. Les Indiens Mapuche se joignent à cette révolte populaire pour exiger une restitution au moins partielle des terres qui leur ont été volées. C’est bien toute la société chilienne qui est mobilisée pour un autre Chili, une toute autre société basée sur la satisfaction des droits éducatifs, sociaux, économiques, politiques.

Grenoble : nous sommes le peuple chilien…

Dès le 26 octobre 2019, un rassemblement de plusieurs centaines de personnes – Chilien·nes, Latino-américain·es, Français·es - a exprimé fortement toute notre solidarité avec le peuple chilien, en dénonçant les politiques néolibérales au Chili et en Amérique Latine, en exigeant la fin immédiate de la répression et la levée de l’état d’urgence, une autre Constitution "populaire", et un positionnement solidaire de l’Union Européenne et du gouvernement français. Un concert de solidarité s’est tenu le 26 janvier Salle Stendhal, et des enseignant·es et étudiant·es, notamment de Sciences Po, préparent films et expos sur le mouvement populaire chilien au printemps 2020. Le peuple chilien s’est réveillé, notre solidarité doit rester éveillée et déterminée !

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