Argentine 1976-2016 : Résistances, mémoire, justice, démocratie

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Exposition - Ausencias (absences) du photographe Gustavo Germano
Cette exposition met un visage sur les personnes qui ont disparu à l’époque des dictatures militaires en Argentine et au Brésil, des années 1960 aux années 1980 : des hommes, des femmes, des enfants victimes de sanglantes répressions. 30 000 disparus en Argentine et parmi eux, un des frères de Gustavo Germano.
Dans les années 2000, le photographe réalise une série de clichés sur la base de photos d’albums de famille prises trente, quarante ans plus tôt. Gustavo Germano établit un parallèle troublant en saisissant sur les mêmes lieux et avec les mêmes postures les sujets photographiés. Mais ce rapprochement entre les deux époques souligne surtout la douloureuse absence de l’être aimé. Dans ces places vides, on aperçoit ceux qui ne sont plus là.

Partenariat Collectif Mémoire-Vérité-Justice Rhône-Alpes et Musée de la Résistance et de la déportation de l’Isère / Maison des droits de l’Homme.

Tous les jours sauf le mardi matin de 9h (10h le samedi et le dimanche) à 18h (mardi : 13h30-18h)

Grenoble, Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère
14, rue Hébert

Le Collectif Mémoire-Vérité-Justice-Rhône Alpes [1] et la Ville de Grenoble se sont réunis pour organiser un ensemble de manifestations pendant l’année 2016, à l’occasion du 40ème anniversaire de l’avènement de la dictature argentine (1976-1983). Le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, partenaire historique du Collectif, s‘est ensuite associé à eux ainsi que de nombreux autres acteurs culturels de la ville de Grenoble.
Le 24 mars 1976, a eu lieu en Argentine le coup d’État de la junte militaire qui a organisé de façon systématique la séquestration, la détention et l’élimination physique de dizaines de milliers de femmes et d’hommes et le vol de centaines d’enfants. Cette période tragique de l’histoire argentine s’est soldée par la disparition de 30 000 personnes - militants politiques et associatifs, employés, syndicalistes, étudiants, ouvriers, journalistes, lycéens - des milliers de prisonniers politiques, le vol de 500 bébés nés en détention et l’exil de plus d’un million de personnes.
Les militaires argentins ont ainsi instauré le terrorisme d‘État. Conjointement avec les autres dictatures d’Amérique Latine (Chili, Bolivie, Brésil, Paraguay et Uruguay), ils ont mis en place une campagne de répression clandestine transnationale, l’Opération Condor, visant à poursuivre et assassiner les opposants politiques.
Le 30 avril 1977, quatorze mères ont défié la sanglante dictature d’Argentine, demandant à propos de leurs enfants séquestrés : où sont-ils ? Elles deviendront les historiques Mères de la Place de Mai.
La dictature a enlevé des femmes enceintes, les a assassinées et s’est appropriée leurs nouveaux-nés. Les Grands-mères de la Place de Mai se sont levées et ont remué ciel et terre pour tenter de retrouver leurs petits-enfants disparus. La résistance, la lutte contre l’impunité et l’exigence intransigeante de mémoire, de vérité et de justice des Mères et Grands-mères de la Place de Mai n’ont jamais cessé. Leur combat, l’action des mouvements de défense des droits de l’homme et l’engagement de la société argentine, en convergence avec la volonté politique des gouvernements récents, ont permis des avancées exemplaires vers la vérité et la justice en Argentine et au niveau international.

Nous voulons rendre hommage aux Mères et Grands-mères de la Place de Mai, soutenir leur lutte et faire revivre le souvenir de tous ceux qui se sont battus pour une société meilleure. Nous croyons au besoin d’agir ici, en Amérique Latine ou ailleurs, pour vivre ensemble dans l’égalité, la dignité et la justice, ainsi que pour la défense des droits de l’homme, valeur universelle.
Aujourd’hui en 2016, nous sommes vigilants. Nous exprimons nos exigences - partagées par des centaines d’organisations sociales et des droits de l’Homme en Argentine et en différents lieux à travers le monde - pour une continuité de politiques publiques destinées au souvenir permanent des crimes contre l’humanité commis contre le peuple argentin et pour les jugements des responsables militaires et civils.

Collectif Mémoire-Vérité-Justice-Rhône Alpes,
Le site du Collectif

Tout le programme ici

[1Le Collectif Mémoire-Vérité-Justice-Rhône-Alpes est composé de 11 associations :

  • Association de Coopération Inter peuples (ACIP-ASADO)
  • Association Grenobloise de Solidarité avec le Peuple Argentin (AGSPA)
  • Casa Catala
  • Centre d’Information Inter-Peuples (CIIP)
  • Comite de soutien aux indiens Mapuches
  • Donde Estan
  • Lado Brasil
  • Maison Latina
  • Nuestra America
  • Solidarité avec Argentine Lyon (SOL-AR)
  • Viva el Tango

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