CIIP - Accueil
Plan du site

Inter - Peuples

CIIP - Accueil
Contactez-nous
Agenda
Inter-Peuples
La Doc
Nos partenaires
Agir...

Inter-Peuples est un mensuel généraliste et solidaire de 20 pages diffusé sur abonnement.

A lire...

n°204 - Février 2012

Edito
Climat : la maison brûle de plus en plus...
Agenda
Le Centre d'Information Inter-Peuples Aujourd'hui, demain...
Nouvelles de la région
1ère Commémoration de la Révolution tunisienne
Jean-François Le Dizès condamné à une amende de 300€ avec sursis !
"Nous, Citoyennes musulmanes, demandons le droit à la différence..."
HONTE ABSOLUE : le Préfet refuse d'ouvrir des "abris" pour les centaines de personnes à la rue
Une rencontre inédite entre associations et médias locaux
Deux chaînes humaines pour sortir du nucléaire
Nouvelles du monde
La grande arnaque du lait... Lire les rapports sur le site de GRAIN
Des "Indignés" à la chinoise... Lire
RD Congo : Au "Brésil africain" se joue l'avenir du continent Lire...
Echos des révolutions
Syrie : la révolution comme défi
Dossier
La question des femmes en Tunisie : Droits, luttes et perspectives Lire (pdf)
Ces Peuples fragiles
Colombie : la justice redonne espoir au Peuple Embera Lire...
Solidarité : il y a toujours quelque chose à faire
Non à l'achat par la France de 318 millions d'Euros de drones à Israël ! Embargo militaire immédiat contre Israël ! Signez la pétition
Nos partenaires
Nous avons aimé
 

 

 

 

 

n°203 - Janvier 2012

Edito
Nos volontés solidaires pour 2012
Agenda
Nouvelles de la région
10 heures pour la Palestine du samedi 16 novembre 2011 et Conférence de Nafez Assili, le 17 novembre 2011
"Quelle solidarité avec la Syrie ?", soirée du 30 novembre 2011 avec Ghayat Naisse, militant de la gauche syrienne
Une facette culturelle du programme "Algérie 2012 : mémoires et espoirs partagés"
Cet hiver, des centaines de personnes à la rue, une HONTE ABSOLUE
Un collecif prometteur contre la dette
Soirée débat avec Khadidja Hamdi, ministre sahraouie
Nouvelles du monde
Cameroun : L'art de la "dictature acceptable" ? Autopsie d'un scrutin présidentiel Lire... (pdf)
Un pays, un peuple...
Cameroun
Echos des révolutions
Egypte : Alliance objective de l'armée et des Frères musulmans
Au Maroc : les élections organisées par le Roi n'ont rien arrangé ! Lire...
Voyager autrement
A travers le Mexique
Vous avez la parole...
Cultures
'Destruction massive - Géopolitique de la faim', un ouvrage de Jean Ziegler
Algérie : une lettre maheureusement rejetée
En vrac
Nous avons aimé
 
 

 

 

 

 

   

NOS VOLONTÉS SOLIDAIRES POUR 2012

2012 sera la 32° année d'existence et d'engament solidaire des adhérents et des partenaires du Centre d'Information Inter-Peuples… Une année marquée d'abord par le 50e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie (1962-2012). Une indépendance arrachée par le peuple algérien et ses alliés dans le monde entier, après des souffrances inouïes : au moins 500 000 morts du côté algérien, environ 30 000 soldats français qui ont laissé leur vie entre 1954 et 1962. Sans oublier une longue période coloniale - 1832-1962 - marquée par d'innombrables massacres et l'imposition du code inhumain et odieux de l'Indigénat, qui niait tout droit et toute dignité aux populations autochtones musulmanes.

Nous vous proposerons tout au long de cette année rencontres, conférences, films, soirées poétiques/littéraires, expositions, souvent en partenariat avec des associations ou encore avec les bibliothèques, le Centre culturel cinématographique, la Maison de la Poésie Rhône-Alpes…L'intitulé de cette année Algérie : "50 ans après l'indépendance de l'Algérie, démocrates algériens et français : quelles mémoires et quels espoirs partagés ?". Notez tout de suite la première rencontre-débat : Jeudi 19 janvier, 20h. à la Maison des Associations : " Algérie : La guerre de libération (1954-1962) et la fin de l'empire colonial ", avec deux historiens, Mohamed HARBI et Alain RUSCIO. Nous vous tiendrons au courant, le plus en amont possible, des diverses initiatives qui jalonneront cette année Algérie.

Par ailleurs, nous continuerons à suivre de très près les "révolutions arabes", que ce soit au Maghreb ou au Proche-Orient. Vous avez certainement noté une nouvelle rubrique de notre journal : "Écho des révolutions". Nous pensons qu'il s'agit là d'un événement majeur de l'histoire contemporaine. En étant à l'écoute de la population civile, surtout des mouvements citoyens. En prenant garde aux interprétations "euro-centristes" et aux jugements précipités. En essayant de nouer et d'entretenir le maximum de contacts avec ces peuples arabes, soit sur place, soit ici en France et à Grenoble.

Nous allons évidemment poursuivre notre travail d'information, d'analyse et nos engagements concernant la dette des pays du Nord et du Sud, la Françafrique, ce système occulte et mafieux avec lequel le gouvernement français n'a toujours pas rompu. Nous participerons activement, selon nos moyens, à la prochaine Université d'été de la solidarité internationale - un millier de participants attendus - organisée tous les deux ans par le CRID (Centre de recherche et d'information sur le développement) et qui se déroulera cette année à Lyon du 4 au 7 juillet. Un moment fort d'échanges, de rencontres, de solidarités…

Et nous n'oublions évidemment pas les élections présidentielles et législatives en amont desquelles nous pensons bien, avec d'autres associations, interpeller fortement les personnes et listes candidates sur des questions et enjeux qui ont trait aux droits économiques et sociaux, aux libertés, à la paix, à leurs propositions et à leurs engagements en matière d'immigration et d'asile, de ventes d'armes, en ce concerne les relations France-Afrique, les demandes légitimes du peuple palestinien -depuis tant d'années - d'un État dans les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale. Et bien d'autres thématiques…

En résumé, une année intense, exigeante, qui va requérir de nos forces modestes un engagement et une implication que nous ne pourrons assumer pleinement qu'avec votre soutien actif. N'hésitez pas à nous contacter si l'un ces thèmes vous intéresse : il n'est jamais trop tard pour trouver sa place parmi tous les acteurs de la solidarité.



CLIMAT : LA MAISON BRÛLE
DE PLUS EN PLUS…

1997 : le fameux Protocole de Kyoto, relatif au climat, est adopté. Un Traité qui fixait des objectifs de réduction des gaz à effet de serre à une quarantaine de pays industrialisés, effectivement principaux responsables jusqu'aux années 2000 des émissions de CO2 et donc du réchauffement climatique. Mais un Protocole non signé par les États-Unis, les plus gros pollueurs de la planète. Selon le Rapport des experts du GIEC [Groupe d'Experts intergouvernemental sur l'évolution du climat] d'octobre 2011, au rythme actuel des émissions de gaz, les événements météorologiques - à moins d'un sursaut international de moins en moins probable - seront de plus en plus violents et dévastateurs, phénomènes déjà observables : inondations au Pakistan, en Indonésie, feux de forêt en Russie, montée des eaux menaçant certaines îles, sécheresse en Afrique, changement des saisons de pluie dans les Andes, fonte accélérée de la banquise…

Deux Conférences internationales sur le climat se sont récemment succédées, en 2009 à Copenhague, en novembre 2011 à Durban (Afrique du Sud). Les Accords de Kyoto ont été certes "sauvés" in extremis, la plupart des pays ayant promis - mais sans aucun engagement chiffré précis ! - de faire des efforts pour limiter le réchauffement, dans les décennies à venir, à 2° C. Ce qui impliquerait, pour atteindre un tel objectif, de réduire les émissions mondiales de 80% d'ici à 2050 ! Les pays industrialisés ont bien promis de créer un "Fonds Vert" de dizaines de milliards de dollars pour aider les pays en développement à émettre moins de gaz à effet de serre… mais sans préciser à quelle hauteur ils vont abonder et alimenter ce Fonds… et surtout sans s'engager formellement à une diminution significative de leurs propres émissions.

Ainsi les conférences se succèdent… mais la Terre tourne toujours aussi mal, les émissions de gaz à effet de serre ne cessent de monter. Seules des propositions technocratiques, certaines écologiquement très discutables, émergent : plantations d'agrocarburants (bien sûr dans les pays du Sud !), mécanismes de compensation financière, marché des "quotas d'émission de carbone"(*). Mais comment peut-on espérer juguler sérieusement l'augmentation de la température si on construit toujours plus d'autoroutes sur lesquelles circulent toujours plus de voitures et de camions, si la circulation aérienne s'intensifie régulièrement, si on encourage de plus en plus l'agrobusiness, si on incite toujours plus à consommer. La maison brûlera toujours plus tant qu'un autre modèle véritablement alternatif de production et de consommation ne se substituera pas à l'actuel système néo-libéral prédateur et destructeur…

(*)- Dès 1997, à Kyoto, mais surtout à Copenhague (2009), il a été mis en place un système "marchand" de carbone : en compensation d'une trop grande production de gaz carbonique, une entreprise ou même un État "développés" peuvent compenser leur surproduction en versant une certaine somme, en finançant par exemple des énergies renouvelables dans un pays en développement. Une sorte de marché du carbone. Je pollue trop, mais je me rachète une conduite propre en payant… Il fallait y penser !

 







ECHOS DES REVOLUTIONS

Le CA du CIIP a décidé d'ouvrir une rubrique permanente dans son bulletin mensuel
pour donner la parole aux mouvements révolutionnaires qui se manifestent dans le monde arabe et ailleurs,
donner à nos lecteurs une information directe,
et leur permettre de manifester leur solidarité avec ces mouvements.
Cette première rubrique est consacrée aux luttes pour la liberté en Syrie, au Yémen et en Égypte
.

 

ÉGYPTE : ALLIANCE OBJECTIVE DE L'ARMÉE ET DES FRÈRES MUSULMANS

La révolution égyptienne ? On peut effectivement se poser des questions suite aux élections qui ont vu une victoire significative des courants islamistes et face à la répression sanglante par l'armée des contestataires Place Tahrir. Nous avons demandé à notre ami Jean François Galletout, qui connaît bien la réalité égyptienne, de nous proposer des éléments d'analyse...

Alors que se tiennent les premières élections sincères le temps est venu de regarder la société égyptienne telle qu'elle est et non telle que l'occident voudrait qu'elle soit. Les néo-orientalistes, certains intellectuels égyptiens francophones et francophiles, les diplomates retranchés dans leurs ambassades et leurs limousines, les envoyés spéciaux pressés, nous donnent une fausse image de l'Égypte d'aujourd'hui.

L'armée, institution respectée en Égypte depuis 1952, a évité au pays une guerre civile. Comme son homologue tunisienne elle a pris le parti du peuple. Depuis Gamal Abdel Nasser et jusqu'à la mort de Sadate, l'armée dirigeait le pays aux côtés d'une administration tentaculaire génératrice d'emplois dans une démographie galopante. Moubarak, général d'aviation et vice-président de Sadate n'a eu de cesse, dès son accession au pouvoir en 1981, d'affaiblir l'institution dont il était lui-même issu, par peur de ne pouvoir la contrôler. En donnant tous les pouvoirs au ministère de l'intérieur - qui emploiera jusqu'à plus d'un million de personnes ! - et aux services spéciaux, les biens connus "moukhabarat", il souscrivait une assurance vie alors que le spectre de l'assassinat de son prédécesseur hantait son esprit. Exit donc l'armée au profit de ce nouvel appareil sécuritaire, et en même temps apparition de cette clique d'hommes d'affaires sans scrupules, qui, ayant fait leurs classes sous Sadate après plus de 20 ans d'économie dirigée, ont mis le pays en coupe réglée dès le début des années 1990. D'aucuns y voient une analogie avec l'Iran de la fin du Shah et l'arrivée au pouvoir de Khomeiny où une minorité très éduquée et riche avait volé le pays au peuple.

En Égypte, depuis trente ans, jour après jour l'armée perdait un peu plus de son pouvoir jusqu'à l'humiliation. Les officiers supérieurs de la génération du maréchal Tantawi ont pour la plupart été formés en URSS et conservent une idée du service de la patrie qui s'accorde assez mal avec le capitalisme sauvage, la corruption et le racket de l'ère Moubarak.

En même temps, les frères musulmans, mouvement crée en 1928, alliés des militaires lors du coup d'État de 1952 et de la révolution qui a suivi (le général Neguib et Anwar Al-Sadate étaient eux-mêmes membres de la confrérie) se trouvaient harcelés par le régime. Tolérés puis chassés, amadoués et poursuivis, jamais Moubarak n'a joué franc-jeu avec les frères pourtant constitués en parti politique et ayant officiellement renoncé à l'action violente. Jamais ne purent-ils trouver leur place dans la vie publique égyptienne, entraînant naturellement une radicalisation d'une minorité qui s'organisa pour constituer un mouvement salafiste clandestin, adepte d'un islam supposé être celui pratiqué par les ancêtres (salaf en arabe). Celui-là même qui se présente aux élections aujourd'hui. C'est donc le pouvoir en place qui a donné naissance aux partisans de l'islam radical comme partout ailleurs dans le monde.

A l'aube des événements de janvier 2011, l'Égypte se retrouve donc avec deux pouvoirs ostracisés par le régime trentenaire de Moubarak : l'armée et les mouvements religieux avaient de bonnes raisons différentes de tout mettre en œuvre pour le chasser du pouvoir à la première occasion.

L'agitation, la mobilisation, facilitée par des moyens de communications, surveillés mais libres, puis le soulèvement massif - mais relatif au regard d'une population de plus de 80 millions d'habitants - furent-ils aussi spontanés qu'on les a présentés ? L'armée et les frères y virent-ils une opportunité à saisir ? Les instiguèrent-ils pour reprendre, pour les uns le pouvoir perdu, pour les autres exister enfin sur la scène politique égyptienne ?

A l'aune des résultats partiels des élections législatives en cours, cette alliance objective porte ses fruits. Les frères musulmans s'affirment comme la première force politique égyptienne, surprise elle-même par le poids de son extrême droite salafiste. L'armée, organisatrice de ces élections, en sort confortée comme la garante de l'intégrité, de la sécurité du pays et de son peuple. Ce duo, déjà vu dans d'autres "révolutions ", au Soudan par exemple, semble convenir aux chancelleries et aux voisins de l'Égypte. Israël doit quant à elle être rassurée par la présence en toile de fond de l'armée égyptienne.

Ce nouveau paysage politique laisse un goût amer uniquement à ceux qui rêvent l'Égypte et ne la connaissent pas. Le peuple égyptien, multimillénaire, hospitalier, pétri d'humour et de bon sens qui vient de se déterminer par les urnes, n'est pas la minorité des "twitteux et facebookeux" vus et revus dans les médias. Le peuple égyptien continue de souffrir, de trimer pour le pain, un peu d'éducation pour ses enfants, et pour accéder à un système de santé des plus inégalitaires. Ses besoins fondamentaux ne sont pas satisfaits. Il désire surtout, comme tous les peuples esclaves de "l'hyper-capitalisme" changer de modèle de société. Au delà des convictions et pratiques religieuses, c'est le message populaire de ces élections libres qui ont porté au pouvoir des candidats réputés intègres et non corrompus pour une Égypte plus juste. Sera-t-elle aussi plus démocratique ? Les libertés fondamentales y seront-elles garanties ? A suivre.

Jean François Galletout




 


Comment s'abonner : il vous suffit de nous renvoyer un bulletin d'abonnement accompagné d'un chèque à l'ordre du CIIP. L'abonnement vous fait bénéficier de l'adhésion au CIIP.

  • Abonnement Institutions 50 €
  • Abonnement ordinaire 35 € - Etudiants / Sans emploi 18 €
  • Abonnement de soutien 40 € - 45 € ou plus...
Haut de page
Accueil - Agenda - Inter-Peuples - La Doc - Nos partenaires - Actions - Contactez-nous