Semaine contre l’Apartheid Israélien : Entretien avec Tisetso Magama

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Tisetso Magama est membre de la direction de BDS Afrique du Sud, ancien coordinateur de la Campagne pour la Libération de Nelson Mandela et membre de l’African National Congress (ANC). Il était invité par la coordination BDS - Grenoble dans le cadre de la Semaine contre l’Apartheid Israélien (IAW) qui avait pour thématique cette année : "Palestine : 100 ans de dépossession, 100 ans de colonisation. 100 ans de lutte populaire pour la justice".
Lire l’annonce ici et le compte-rendu ci-dessous.

Interview de Tisetso Magama

(en anglais sous-titré français)

https://www.youtube.com/watch?v=J0FzoOv-3MU

Plus d’infos sur BDS Afrique du Sud ici

La campagne BDS (Boycott - Désinvestissement – Sanction tant qu’Israël ne respecte pas le droit international) est une campagne internationale à l’appel de la société civile palestinienne.

Le CIIP soutient cette campagne et fait partie de la coordination BDS - Grenoble

Apartheid en Afrique du Sud - Apartheid en Israël ?

La 13e campagne internationale de la semaine contre l’apartheid israélien s’est déroulée entre mars et avril 2017. En France elle a eu lieu du 6 au 18 mars 2017 dans 9 villes de France dont, pour la deuxième fois, à Grenoble. Il s’agit de sensibiliser l’opinion sur le système d’apartheid d’Israël contre le peuple palestinien, de renforcer l’adhésion au mouvement BDS (Boycott, Désinvestissement, Sanctions) et, en cette année 2017, de célébrer les 100 ans de la résistance palestinienne depuis l’acceptation de la Déclaration Balfour.

Jeudi 16 mars, la coordination grenobloise du mouvement BDS à laquelle s’est jointe l’association étudiante "A Contre Courant", avait organisé plusieurs conférences tenues par Tisetso Magama membre actif du bureau BDS d’ Afrique du Sud. Tisetso a participé à la lutte étudiante pendant l’apartheid en Afrique du Sud, a été coordinateur de la campagne de libération de Nelson Mandela de 1988 à 1989, est ancien membre du parlement et président du comité Sud-Africain aux "relations et coopération".
La première de ces conférences a eu lieu à EVE, de 12h15 à 13h30, sur le campus de saint Martin d’Hères et la seconde à La Butte à Echirolles, à 20 heures. Entre les deux Tisetso a été interviewé par un journaliste de Radio Grésivaudan. Les autres médias n’ont pas répondu à l’appel des organisateurs.

Ces évènements ont rassemblé une bonne centaine de personnes malgré quelques difficultés à trouver des salles accueillantes. Les maires des neufs villes française organisatrices semblent avoir reçu un courrier de l’ambassadrice d’Israël en France, Aliza Bin-Noun, leur demandant d’annuler les manifestations organisées dans le cadre de cette semaine déclarant que les événements seraient susceptibles de causer des troubles à l’ordre public, inciter à la haine et à la violence contre Israël et la communauté juive. Certains de nos élus locaux ont-ils été sensibles à ce courrier ?
Tisetso Magama fait un parallèle entre l’apartheid en Afrique du Sud et en Palestine. Et montre pourquoi la situation imposée au peuple palestinien rentre parfaitement dans la définition de la Résolution 3068 du 30/11/1973 de l’Assemblée Générale des Nations Unies, Convention internationale sur l’élimination et la répression des crimes d’apartheid. La définition juridique de l’apartheid s’applique à toute situation, partout dans le monde, où les trois éléments clés suivants coexistent : deux groupes raciaux distincts peuvent être identifiés, des "actes inhumains" sont commis à l’encontre du groupe subordonné et ces actes sont commis systématiquement dans le contexte d’un régime institutionnalisé de domination d’un groupe sur l’autre.

Tisetso rappelle que les personnalités les plus éminentes de l’Afrique du Sud ont déclaré que ce qu’ils avaient constaté en Palestine occupée dépassaient largement ce qu’ils avaient subi dans l’Afrique du Sud de l’apartheid, s’appuyant, entre autre, sur les restrictions à la circulation pour les Palestiniens et sur l’existence de système routier différencié. De même les Palestiniens subissent des contrôles permanents, ce qui n’était pas le cas des personnes noires en Afrique de Sud.

Il nous remémore la phrase de Nelson Mandela : "Notre liberté est incomplète sans celle du peuple Palestinien" et appelle à intensifier la campagne BDS sur le modèle de l’Afrique du Sud, ainsi qu’à une constellation de luttes, et notamment contre le racisme comme Black Lives Matter.

Dans les débats ont été abordés de nombreux points : le soutien israélien à l’apartheid en Afrique du Sud et réciproquement, la question du boycott de tous les produits venant d’Israël ou seulement ceux des colonies, ceux-ci étant tous étiquetés venant d’Israël…
En tout cas rien qui n’ait pu inciter à troubler l’ordre public.

Amandla Ngawethu !

Coordination grenobloise de BDS

Article publié dans Inter-Peuples n°255, avril 2017

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