L’histoire occultée des Palestiniens de Sandrine Mansour-Mérien

Publié le : , par  Jo Briant

Un nouvel ouvrage acquis par le centre documentaire du CIIP.

Ce livre : un événement, qui replace la "catastrophe", "Nakba" en arabe, cette dépossession des Palestiniens suivie d’un exode massif forcé, dans tout un contexte historique remontant à la fin du 19e siècle. Certes, des historiens israéliens comme Benny Morris, Ilan Pappé ou encore Shlomo Sand ont restitué les mécanismes de l’expulsion extrêmement violente des Palestiniens de leurs terres par les Juifs organisés militairement dans des milices surarmées comme La Haganah, l’Irgoun ou encore la Lehr. Mais il manquait le point de vue palestinien : le voici, sous la plume de Sandrine Mansour-Mérien, née d’un père palestinien et d’une mère française, et qui a mené un travail intense, précis, documenté d’enquêtes et de recherche historique.
On apprend que dès les années 1890, des colonies juives ont commencé à s’installer, venant soit des Etats-Unis, soit d’Europe de l’Est soit du Maghreb. La dislocation de l’empire ottoman, allié de l’Allemagne vaincue en 1918, laisse le champ libre à la France et à la Grande-Bretagne qui s’octroient de force le mandat sur toute cette région, la Grande-Bretagne prenant le contrôle de la Palestine. 2 novembre 1917 : c’est la fameuse Déclaration Balfour, ce ministre des affaires étrangères britannique, qui déclare que « le gouvernement britannique envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national juif et emploiera tous les moyens pour faciliter la réalisation de cet objectif ». Une Déclaration et un projet qui ont été effectivement appliqués à la lettre, en permettant l’installation de colonies juives sur les meilleures terres et de nombreux commerçants, et en réprimant brutalement, au prix de nombreux morts, les protestations et manifestations palestiniennes. Tout un système de dépossession, de vols de terres s’est mis en place, qui a permis de créer un rapport de forces de plus en plus inégal, les nouveaux arrivants, colons juifs bénéficiant de l’aide des puissances européennes et des Etats-Unis, et beaucoup plus armés que les Palestiniens. Alors qu’en 1900 il y avait sur l’ensemble de la Palestine une population globale de 900 000 personnes, à 90% palestiniennes, ce rapport s’est inéluctablement inversé peu à peu. Et c’est à partir des années 1935 que tout un processus d’expulsions, programmées par les colons juifs très organisés et surarmés, s’est mis en place, pour déboucher à partir de 1938-39 sur un processus planifié terrifiant : attaques nocturnes des villages, incendies et destructions systématiques des maisons, des mosquées, de tout le village, empoisonnement des puits, viols… pour contraindre les populations à partir. Pour aboutir au "séisme" de 1947, la "Nakba", au départ d’un million de Palestiniens au Liban, en Syrie, en Transjordanie (future Cisjordanie), à Gaza… devenus des réfugiés. Des réfugiés qui revendiquent toujours le droit au retour, se basant sur la résolution 194 des Nations Unies du 11 décembre 1948.

A lire absolument….

L’histoire occultée des Palestiniens (1947-1953)
MANSOUR-MERIEN, Sandrine, - TOULOUSE : PRIVAT, 2013, 240 P.
Bibliographie, liste des abréviations, Who is Who des historiens cités, tableaux statistiques sur l’état de la population palestinienne.

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