Allô ici c’est Jo !

Publié le : , par  Roseline Vachetta

Le dernier "Jo Briant" est sorti ! Il est déjà dans toutes les mains militantes grenobloises et même bien au-delà. On l’attendait ce livre. Un peu comme la planète altermondialiste attend le dernier Naomi Klein, avec curiosité et gourmandise.

Lucide, Jo décline les multiples et profonds maux du monde actuel. Sans doute le plus inquiétant est-il le réchauffement climatique. Il semble inéluctable tant la consommation frénétique et l’inconscience aveugle sont grandes. Jo insiste sur les responsabilités humaines. Individuelles certes mais aussi d’abord celles d’un système qu’il faut appeler par son nom, le capitalisme, pour le profit de quelques uns et le malheur du reste de la planète. Un système prédateur et destructeur des Hommes, de la faune, de la flore, des forêts, des océans... De tout ce qui fait Humanité : les Cultures, les droits, le travail sensé, le temps de vivre… Ainsi, 8 multimilliardaires vivent avec l’équivalent de ce que possèdent la moitié des habitants de la planète, 75% des Malgaches survivent avec 50 centimes par jour.

Un monde solidaire et durable est-il encore possible ? {JPEG}Son livre est très documenté, bourré de chiffres qui mesurent bien l’étendue des dégâts. Deux exemples : 80 millions d’hectares de terre de cultures vivrières enlevés aux petits paysans d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine, 60% des terres agricoles françaises complètement polluées par les produits chimiques de l’agro business.
Les guerres, par le commerce des armes et la reconstruction après les démolitions liées aux combats, enrichissent avec cynisme les multinationales et les États riches. Elles barbarisent le monde, massacres, tortures, viols, déplacements forcés de populations, multiplication des camps, retour de l’esclavage, misères et épidémies que l’on croyait disparues, haines terroristes se développant d’abord contre les plus pauvres et les minorités. Alors, "Encore une fois le stylo de Jo pleure" (référence à un texte d’Awadi, rappeur sénégalais) sur l’immense scandale des pillages depuis l’esclavage, jusqu’aux colonisations et leurs blessures jamais cicatrisées, du vol des terres palestiniennes jusqu’aux quartiers relégués de la "République française de la liberté, de l’égalité et de la fraternité" (!), sur l’impossibilité de circuler pour les migrants, mais pas pour les capitaux, sur la marchandisation du logement, de la santé ou de l’éducation. Le tout figé par des politiques de répressions plus ou moins violentes, au Nord et au Sud. Toutes les injustices sont dans son livre et toutes ses analyses aussi.

Mais alors quoi ? S’asseoir, pleurer et attendre la fin de ce monde ? Ce serait mal connaître l’auteur que d’imaginer pareille démission ! A chacun de ses chapitres, Jo propose ses pistes d’actions, et c’est bienvenu, soutient les revendications de multiples collectifs. La conclusion cite une dizaine d’entre elles. Pour l’annulation de la dette et la transparence bancaire, pour éradiquer la faim dans le monde, contre la marchandisation de nos biens communs et pour l’accès de tous à ceux-ci, contre la chasse aux migrants pour l’égalité des droits, pour la non numérisation de nos vies, pour une démocratie qui nous donne réellement du pouvoir sur nos vies et pleins d’idées pour stopper le réchauffement climatique.
Alors, ce livre c’est le der des ders ? Il le dit mais il n’y croit pas, et nous non plus ! A bientôt Jo !

Un monde solidaire et durable est-il encore possible ?
BRIANT, Jo. GRENOBLE : JO BRIANT, 2017/11. - 168 P.

En prêt au CIIP.
Il est également en vente - 10 € - au CIIP ou dans les librairies grenobloises.
Vous pouvez aussi le commander à jo.briant chez hotmail.fr (+ 3 € de frais de port).

Article publié dans Inter-Peuples n°262, janvier 2018

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