Mars 2018, le printemps des luttes de femmes ! édito Inter-Peuples n°264, mars 2018

Publié le : , par  CIIP

La commission des Nations Unies sur la condition de la femme lors de sa dernière réunion a affirmé, preuves à l’appui, que l’égalité entre les hommes et les femmes avait soit stagné, soit régressé. Quant à la FIDH, elle estime que "les droits des femmes quelle que soit la zone géographique ou la classe sociale subissent un réel recul".

Quelques exemples parmi bien d’autres : 700 millions de filles sont toujours mariées de force dans le monde, 200 millions de femmes sont encore excisées, 22 millions avortent clandestinement, 63% de la population féminine n’est pas scolarisée, ce dernier chiffre passe à 90% en Afghanistan et dans plusieurs autres pays. En Égypte, une loi interdisant l’excision a bien été adoptée, mais, devant son incapacité à la faire respecter, le gouvernement a décidé de former des médecins pour que cette pratique ancestrale barbare puisse se poursuivre à l’hôpital...

Aux USA, la première cause de mortalité des femmes entre 15 et 44 ans est le meurtre, commis le plus souvent par leur compagnon, quant aux femmes prostituées leur espérance de vie n’y dépasse pas 34 ans, pour cause d’assassinat. En France, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups. Quant à la violence sociale, elle s’exerce pleinement : les salaires des femmes sont encore de 25% inférieurs en moyenne à ceux de leurs collègues masculins, la majorité d’entre elles accèdent moins vite et souvent pas du tout à des postes mieux rémunérés et plus intéressants, elles sont plus précarisées et plus souvent au chômage. Ces carrières décousues conduisent immanquablement à des petites retraites. De plus, la casse des services publics pèse fortement sur les femmes, parce qu’elles sont la majorité des usagers et la majorité des salariés de ces services, de la crèche aux Ephads en passant par l’hôpital. Et que c’est elles au final, le plus souvent, qui assument les manques de service auprès des enfants, des malades et des personnes âgées.
Une inégalité économique et sociale sévère doublée d’une oppression spécifique subie le plus souvent tant dans la sphère privée que publique, poussent inévitablement à la rébellion ! Chaque révolte, chaque printemps de lutte, dans n’importe quel pays de la planète, voit les femmes se lever, s’organiser, revendiquer l’égalité et la liberté dans n’importe quel État laïc ou théocratique.

Jusqu’à transformer toutes ces inégalités, ces abus sexistes et sexuels qui donnent la rage, en un facteur de transformation sociale ? Avec le mouvement "#me too", les femmes ont su rassembler leurs voix, trouver leur puissance sociale à l’échelle de la planète. Jusqu’à ce que les choses changent radicalement ?

A l’appel de plusieurs syndicats, en France, les femmes seront en grève à partir de 15h40, heure à partir de laquelle elles ne sont effectivement plus payées, elles feront de ce 8 mars, le jour de la colère et du combat pour l’égalité dans toute leur vie !

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