Massacre à Gaza… colonisation à marche forcée de la Palestine : reconnaître enfin les droits politiques des Palestinien.ne.s ! édito Inter-Peuples n°267, juin 2018

Publié le : , par  CIIP

14 mai 2018 : Gaza, tirs à balles réelles par des soldat.e.s de l’armée israélienne contre des manifestants palestiniens sans armes. Au moins 60 morts et plus de 2 800 blessés dont beaucoup d’enfants (qui devront être amputés pour nombre d’entre eux). De nombreux rassemblements en France, mais aussi dans le monde entier, pour dénoncer ces massacres, voire pour exiger le jugement de ces crimes de guerre de Netanyahou.

Israël fête ses 70 ans d’existence. Sa proclamation en 1948, au lendemain de la Seconde Guerre mondial et du génocide des Juifs européens, a été accueillie dans le monde entier comme un refuge pour les survivants. Mais en même temps, elle a entraîné la Nakba, l’expulsion extrêmement violente - massacres à l’appui - de 800 000 Palestinien.ne.s qu’elle a dépossédé.e.s d’une partie importante de leur pays où ils étaient fortement majoritaires. Soixante-dix ans plus tard, l’État d’Israël est certes une réalité mais aussi le fait que des millions de Palestinien.ne.s vivent dans une situation insupportable d’occupation, d’enfermement absolu à Gaza, de colonisation à Jérusalem-Est et en Cisjordanie ; ce que le gouvernement actuel d’Israël cherche à rendre irréversible.

Ce qui n’est pas supportable, c’est la négation assumée des droits du peuple palestinien par la force brute de la répression et des armes. S’appropriant chaque jour de nouvelles terres, cantonnant les Palestinien.ne.s à des territoires de plus en plus réduits (600 000 colons en Cisjordanie !) les différents gouvernements israéliens détruisent de plus en plus sûrement tout espoir que deux États puissent vivre en paix, côte à côte avec Jérusalem comme capitale commune. Il est illusoire et lâche de penser que laisser le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne face à face permettrait d’avancer vers une solution juste. Seule l’intervention volontariste et déterminée de la communauté internationale pourrait permettre de peser sur les deux parties, notamment sur Israël qui se sent revêtu de l’impunité que lui confère le soutien indéfectible des États-Unis.

C’est donc à l’Union européenne d’agir. Ramener d’une façon volontariste le gouvernement israélien au respect du droit international, dénoncer sa politique ne sont en rien une manifestation d’antisémitisme ! Nous devons peser de toutes nos forces sur l’Union européenne pour qu’elle s’engage pour obtenir l’application des résolutions de l’ONU y compris au moyen de sanctions, qu’elle cesse toute coopération avec l’armée israélienne, demande un embargo sur les ventes d’armes vers Israël et reconnaisse enfin l’État de Palestine. Et la France doit agir - enfin ! - en ce sens en procédant à cette reconnaissance sans délai et en cessant toute exportation de matériel militaire au gouvernement de Netanyahou.

édito publié dans Inter-Peuples n°267, juin 2018

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