CSRA - Collectif de soutien aux réfugiés politiques algériens

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Le Collectif de soutien aux réfugiés politiques algériens a été créé en novembre 1993 à l’initiative du CIIP, du MRAP et de la Ligue des Droits de l’Homme. Suite aux évènements tragiques et sanglants qui traversaient l’Algérie et face à l’arrivée de demandeurs d’asile politique puis territorial, il a paru impératif de créer une structure d’accueil et d’accompagnement.

L’objectif de ce Collectif est double :

  1. Informer la population grenobloise / iséroise sur la situation en en Algérie et développer une solidarité avec les forces citoyennes qui oeuvrent pour une Algérie pacifiée, démocratique et plurielle.
  2. Accueillir et accompagner les réfugiés algériens, tant sur le plan administratif, humain, juridique et matériel (droit au logement, au transport, à la santé…

Fonctionnement / Initiatives : Le Collectif de soutien aux réfugiés politiques algériens est un collectif constitué d’une part d’organisations (associatives, syndicales,politiques) et d’autre part de personnes qui peuvent être soit des réfugiés, soit des "soutiens" (par exemple des "parrains") qui appuient l’action du Collectif. La structure administrative de ce Collectif, habilité notamment pour les démarches "officielles" et les demandes de subvention, est le Comité de Soutien aux Réfugiés Algériens. Le Collectif tient une Assemblée générale chaque année.

L’activité principale du Collectif consiste à tenir deux permanences hebdomadaires – le lundi et le jeudi de 14 h. à 18 h. Des permanences au cours desquelles les réfugiés sont accueillis et accompagnés dans leurs diverses démarches administratives et dans le suivi de leur dossier ainsi que pour le renouvellement gratuit de leur titre de transport (droit acquis en 1997). Le Collectif a en charge plus de 600 dossiers.

Le Collectif fait par ailleurs partie de la Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants (CISEM), afin de mener, au-delà du "cas par cas" une action collective et politique, de peser sur la politique actuelle de droit d’asile qui est fondée sur le soupçon, la répression, le refus de régulariser largement les demandeurs d’asile. Le Collectif demande avec la Coordination Nationale des Sans Papiers la régularisation de tous les sans papiers avec un titre de séjour de 10 ans, l’abolition de la double peine, la fermeture des centres de rétention, et d’une façon plus générale une autre politique du droit d’asile basée entre autre sur la libre circulation des personnes.

Organisations regroupées au sein de ce collectif :
A.D.E.S. (Association pour la Démocratie, l’Ecologie et la Solidarité), Algérie au cœur, AMAL, ALTERNATIFS (Les), CIIP, CIMADE, Comité Villeuneuve pour la paix, Europe Écologie Verts Isère, Femmes évasion, F.S.U. (Fédération Syndicale Unitaire), GO Citoyenneté, G.C.I.F.(Groupe Chrétiens Immigrés Français), Libre pensée, L.D.H. (Ligue des Droits de l’Homme) Isère, L.D.D.H.I. (Ligue pour la Défense des Droits de l’Homme en Iran), L.I.F.P.L. (Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté), Mouvement de la Paix Isère, M.R.A.P. (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples), NPA, P.C. (Parti Communiste) Isère, P. S. (Parti socialiste) Isère, PAS (Pour une Alternative Syndicale), Ras l’Front, UD CFDT, UD CGT, UNION SYNDICALE SOLIDAIRE.
Et de nombreux élus locaux (députés, conseillers régionaux, généraux, municipaux).

Contacts  : CSRA
Maison des Associations - Bureau 002
6 bis, rue Berthe de Boissieux
38000 GRENOBLE
Tel / Fax : 04.76.86.44.31

1983-2013 : le CSRA a 20 ans

Le CSRA vient de fêter ses 20 ans. Nous avons demandé aux membres de l’équipe – Marie Thérèse Lloret, Genevève Berthet, Christian Bertrand, Hamid Boulaouche, Renée Blancheton, Tom Gowan- de nous présenter cette association militante et solidaire.

1°- A quand remonte la création du CSRA ? Par qui et pourquoi ? Quels étaient les objectifs de départ ?
Le CSRA a été créé en novembre 1993, suite notamment à l’assassinat du journaliste algérien Tahar Djaout et d’une façon générale au déclenchement des violences et des massacres déclenchés notamment par le FIS [Front Islamique du Salut], qui s’étaleront sur une dizaine d’années (au moins 200 000 morts et disparus). La création du CSRA a été actée par le Centre d’Information Inter-Peuples, le MRAP et la Ligue des Droits de l’Homme. Avec deux principaux objectifs : accueillir les personnes fuyant la terreur en Algérie (y compris en Kabylie où furent perpétrés notamment des massacres en 2001) et les accompagner dans leur demande d’asile, informer sur la terrible réalité algérienne. Nous avons accueilli un millier de réfugiés de toutes les couches sociales, y compris les jeunes "Harragas" prenant tous les risques pour fuir une Algérie où perdure le terrorisme dans un contexte d’aspiration à la démocratie et à la modernité étouffée.

2°- Comment les objectifs et les urgences ont évolué, 20 ans après la création du CSRA ?
Compte tenu de la diversité de plus en plus grande des arrivants et des motifs variés de leur départ d’Algérie, notre Collectif qui s’est constitué en Association 1901 en 1996 (dénommée Comité de Soutien aux Réfugiés Algériens) a dû faire face à des tâches administratives et d’assistance de plus en plus diverses : constitution de dossiers de demandes d’asile territorial et politique, de séjour, notamment de dossiers "10 ans de présence", aide à l’hébergement d’urgence, orientation vers des structures d’aide sociale, "coups de pouce" pour les situations les plus difficiles, écoute de femmes victimes de violences de toutes sortes, recherche de structures de soins urgents parfois "lourds" pour des personnes présentant des pathologies graves. A partir des années 2000-2001 nous avons été confrontés, comme d’autres associations d’aide aux migrants et sans papiers, à une situation devenue réellement dramatique : le manque criant d’hébergements d’urgence. Au point qu’en 2001 nous avons occupé un immeuble et que nous avons littéralement arraché des places au chaud dans les Vestiaires de l’Anneau de Vitesse. Depuis cette date nous co-organisons chaque année des rassemblements et marches… Nous sommes par ailleurs confrontés à de grandes difficultés financières (montant prohibitif des taxes préfectorales pour le dépôt des demandes de séjour et les régularisations, aides d’urgence, copies de dossiers, location photocopieur…).

3°- Et aujourd’hui, comment caractériseriez-vous la situation actuelle ? Quelles urgences, quelles perspectives ?

Après les terribles années "Sarkozy" (2002-2012) où il fut successivement Ministre de l’intérieur et Président de la République, décennie durant laquelle les sans papiers – sans oublier les Roms - furent littéralement stigmatisés et pourchassés, nous pouvions espérer au moins une amélioration avec la nouvelle Présidence de François Hollande. Hélas !, nous avons dû très vite déchanter. Une Circulaire, dite "Circulaire Valls", fut prise en novembre 2012, mais si restrictive qu’elle exclut les 4/5 des personnes sans papiers… Par ailleurs la situation en Algérie est loin de s’améliorer, un pays pourtant "riche" (notamment de l’énorme rente pétrolière), mais gouvernée par une élite politico-militaire qui s’approprie cette richesse, où règne la corruption, et qui désespère toute une jeunesse dont une fraction importante cherche avant tout à fuir… Par ailleurs toute protestation politique et syndicale est impitoyablement réprimée.

Notre Collectif fait partie de la CISEM (Coordination iséroise de solidarité avec les étrangers migrants), ce qui renforce notre action. Nous avons participé par exemple à la Marche pour l’Egalité et contre la Racisme à Paris le 7 décembre dernier (voyage en car). Nos permanences ne désemplissent pas et nous avons bien conscience que cette lutte pour l’égalité des droits et la régularisation des demandeurs d’asile et de séjour, notamment algériens, sera longue… Aussi lançons nous un APPEL aux "bonnes volontés" qui voudraient nous rejoindre..

Inter-Peuples n°223, Janvier 2014

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