Ukraine, causes et enjeux d’un conflit Conférence-débat du 6 octobre 2014

Publié le : , par  Roseline Vachetta

Où va l’Ukraine ? D’où vient la crise ? Comment empêcher l’extension d’une guerre qui a déjà fait plus de 2600 victimes ? Quels sont les causes et les enjeux de ce conflit ?
Une soirée passionnante pour aider à la réflexion et l’action !

avec Catherine Samary, économiste, spécialiste des Balkans et de l’Europe de l’Est, enseignante à l’université Dauphine, correspondante du monde diplomatique, membre du Conseil scientifique d’Attac.

Voici un petit compte rendu, forcément partiel et partial pour vous donner envie d’aller voir la vidéo sur le site !

Ukraine : État artificiel ou pas ?

C’est une question souvent posée. Une vraie littérature, une langue parlée par près de 80 % de la population, même si de nombreux habitants sont également russophones prouvent la réalité de l’Etat ukrainien. En 1991, c’est par un acte d’autodétermination massif des citoyens que l’Ukraine devient indépendante.
L’Ukraine, par sa situation géographique et politique, a une histoire douloureuse : première guerre mondiale, stalinisme, montée du nazisme, russification forcée sous Staline, planification autoritaire. A la seconde guerre mondiale, l’arrivée des nazis a pu être vécue par une partie des Ukrainiens comme une solution. Mais très vite les humiliations et les violences perpétrées par les envahisseurs ont créé des résistances.
Des milliers d’Ukrainiens sont morts parce qu’ils étaient antifascistes tandis que des milliers d’autres collaboraient... Aujourd’hui, ce lourd passé dans un État jeune est un facteur de fragilité.

Ukraine, enjeu stratégique, politique, économique

Aujourd’hui, l’Ukraine est dominée par les oligarques, des milliers de pauvres émigrent vers la Russie ou l’UE, le revenu moyen est inférieur à celui de la Roumanie ou de la Bosnie. Le pays a été au bord de la banqueroute, il reste très endetté et la Russie, le FMI et l’UE exercent une pression terrible pour imposer une austérité drastique.
D’un côté, l’UE propose un accord de libre échange "complet et approfondi", le même que celui passé avec les pays africains qui a conduit, avec l’appui du FMI, à l’arrêt de tout embryon de politique sociale.
De l’autre, la Russie capitaliste tente de reconstruire autour d’un État fort la grande Russie. Poutine veut une union douanière euro-asiatique, sur le modèle de l’UE en instituant un rapport de forces avec celle-ci tout en voulant l’intégrer.
L’Ukraine, aux frontières de deux empires est un enjeu stratégique de taille.
La guerre qui en découle est une tragédie pour les populations otages.

Des alternatives qui tardent à se formaliser

Quand la révolte de Maidan a surgi, la gauche éclatée n’a pu proposer de débouché politique aux revendications sociales et démocratiques. Les positions "campistes", toujours présentes en Ukraine, se sont fortement exprimées : pro-russes, avec l’idée du complotisme OTAN/ UE, ou pro UE avec la grande Russie comme ennemi principal. L’extrême droite s’est faite bruyamment entendre.
En terme de solidarité, il nous faut agir pour la construction d’un mouvement anti-guerre en Russie, dans l’UE, en Ukraine, le développement des liens syndicaux et politiques étroits, la lutte commune pour une autre Europe, et l’exigence du droit à l’autodétermination des populations ukrainiennes.

Article publié dans Inter-Peuples n°230, novembre 2014

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