L’autobiographie de Mohamed Boukhatem, militant franco-algérien de Grenoble

Publié le : , par  Jo Briant

"Le chemin de ma vie", l’autobiographie de Mohamed Boukhatem, ce "chibani", ce militant franco-algérien grenoblois, habitant de la Villeneuve, que nombre de nos lecteurs connaissent. Un parcours certes personnel mais qui renvoie aussi à toute une histoire collective. Né en 1941 dans le Constantinois, en pleine violence coloniale, contraint très tôt d’aider son père dans les champs, ne mangeant pas à sa faim, pieds nus, peu habillé, conditions de vie extrêmes… Fermes incendiées par l’armée française, fouilles, contrôles, Mohamed subit avec sa famille et les habitants de son douar la répression terrifiante, la politique de la terre brûlée… Arrêté, prisonnier, il est libéré par le miracle d’une rançon payée par sa mère, sous forme d’un… coq. "Je garde ce silence de ce que je sais d’atrocités pendant cette période abominable".

1963 : cette indigence extrême pousse le père à envoyer Mohamed en France, à Grenoble, en terre inconnue, parlant seulement arabe. Seul contact : le mari de sa sœur. A l’instar de ses frères immigrés, il trouve facilement à louer ses bras comme manœuvre dans le bâtiment, et suit des cours d’alphabétisation à l’ADCFA (Association dauphinoise de coopération franco-algérienne). Sans logis, il dort dans un chantier en construction, grelottant de froid. Il s’implique peu à peu dans la vie de l’ADCFA. Mais à peine un an après son arrivée une visite médicale détecte des traces de tuberculose, il passera deux année au sanatorium de Saint Hilaire du Touvet où il perfectionnera son français. De retour à Grenoble il s’investit de plus en plus à l’ADCFA où il devient animateur socioculturel. S’investit à fond contre les logements insalubres et participe à la création de foyers d’hébergement pour accueillir dignement les immigrés.

Je n’oublierai jamais les interventions et animations communes auprès de lycéens, notamment au lycée Louise Michel, où nous projetions des films, organisions des rencontres, des débats, des moments festifs…

1982 : co-organisation CIIP/ADCFA d’un Festival mémorable : "Festival des Peuples du Maghreb", qui a touché et mobilisé des milliers de personnes. Et tant d’autres initiatives interculturelles et solidaires. Retraité depuis 1999, il reste très disponible, témoigne régulièrement de son parcours [1], participe à la vie de son quartier. Un témoin irremplaçable de toute une époque.

Article publié dans Inter-Peuples n°235, avril 2015

[1Si vous voulez le contacter pour un témoignage, une intervention dans une classe, une MJC, un quartier, contacter le CIIP ou Jo Briant

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