Politique extérieure et militaire de la France : ce scandale absolu... édito été 2015

Publié le : , par  CIIP

Opérations "Harmattan" en Libye, "Licorne" en Côte d’Ivoire, "Pamir" en Afghanistan... le plus souvent guerrières de la France. Des opérations où meurent des soldats français et qui justifient plus ou moins l’existence d’une armée professionnelle dans un pays qui n’est pas en guerre, tout au moins officiellement, et qui ne se connaît pas de menace militaire directe. Nous avons pu consulter la liste donnée dans le rapport Thorette couvrant la fin de la guerre d’Algérie (1962) jusqu’à l’année 2005. Elle dénombre 126 opérations extérieures, à 85% en zone africaine. La majorité de ces opérations (64%) ont été placées dans le cadre de l’ONU, ce qui signifie que plus d’un tiers de ces OPEX étaient décidées unilatéralement par la France.

Par la France ? Certainement pas par le peuple français, ni par ses représentants, les députés ou sénateurs. La France est le seul pays de l’Union Européenne où le chef de l’Etat a le monopole absolu pour décider d’une intervention militaire. Un scandale non moins absolu. Surtout quand on sait que la France est devenue désormais le pays qui intervient le plus au niveau militaire, qui est le 1er vendeur d’armes par tête d’habitants, et qui dispose encore – ne jamais l’oublier – d’une quinzaine de bases militaires en Afrique. Ce monopole exclusif, dévolu au Président de la République française, est en soi la négation absolue de la démocratie. Aucun contrôle n’est prévu ni des opérations extérieures, ni des ventes d’armes (très peu de débats – toujours à posteriori). La décision récente de maintenir – sans aucune réduction – le montant du budget militaire (64 milliards d’euros !), sous prétexte d’"impératifs anti-terroristes", aux dépens notamment des budgets de la santé et de l’éducation, est tout simplement ahurissante et gravissime.

Il est grand temps que les citoyen-ne-s et les organisations démocratiques français-es se saisissent enfin de cette atteinte permanence à l’exigence de transparence et de démocratie. Nous sommes en guerre malgré nous... A nous de réagir enfin pour que cesse ce scandale permanent des guerres décidées à notre insu
et des ventes massives d’armes qui alimentent les foyers de violence et de guerre ...

édito publié dans Inter-Peuples n°238, été 2015

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