Conférence mondiale sur le climat à Paris en décembre prochain : comment agir ? édito novembre 2015

Publié le : , par  CIIP

La société civile pourra-t-elle intervenir lors de la Conférence mondiale des Nations-Unies sur le climat fin novembre/début décembre 2015 ? Rappel : 1997, adoption du fameux Protocole de Kyoto fixant des objectifs de réduction du gaz à effet de serre à une quarantaine de pays industrialisés, à l’exception notable des États-Unis, et qui est entré en vigueur en 2005. Refus du Canada, du Japon et de la Russie de prendre des engagements significatifs. Conférence de Copenhague en 2009, de Durban en 2011, sommet à New York en décembre 2014 : engagements limités sans accord contraignant à la hauteur des enjeux.

Pour être à la hauteur des enjeux rappelés par le GIEC [Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat], un accord devrait imposer d’importantes réductions d’émissions de gaz à effet de serre (GES) d’ici 2020. Or, les premiers engagements mis sur la table aussi bien par les États-Unis que par le Canada, le Japon et l’Union européenne sont très éloignés des recommandations du GIEC. Sur la base des engagements nord-américains et chinois actuels il n’y aurait que 1% de chance, selon plusieurs ONG, dont Attac, de ne pas dépasser les 2° de réchauffement climatique d’ici la fin du siècle. Et que dire du financement de cette Conférence internationale pour le climat quand on apprend que le gouvernement français a fait appel aux grandes entreprises et banques comme AXA, BNP, EDF, LVMH, Michelin, Saint Gobain, Decaux, Air France…

En matière de climat, si rien n’a été fait à ce jour - ou si peu - c’est parce que les véritables solutions à la crise climatique entrent nécessairement en conflit avec le modèle économique dominant et l’idéologie libérale capitaliste, productiviste et consumériste qui le porte.
Sobriété et efficacité énergétique, sur la base du développement des énergies "douces" et renouvelables, décentralisation et démocratisation des systèmes énergétiques, souveraineté alimentaires et agro-écologie paysanne, relocalisation des productions et des consommations, politique du bien-vivre et de décroissance de l’empreinte écologique, coopération et non compétition internationale… voilà des pistes pour une véritable politique de rupture avec la folle course vers le réchauffement climatique mortifère qui est en cours…

Partie de Bayonne en juin, passée par Grenoble début juillet, la caravane Alternatiba est arrivée à Paris samedi 26 septembre. De même qu’un grand village des Alternatives a été mis sur pied à Grenoble le même jour. Objectif : montrer l’étendue des actions citoyennes pour l’économie solidaire, l’agro-écologie ou encore l’énergie. Nous savons qu’il faudra démultiplier les rapports de force pour imposer un autre mode de production et de consommation… mais de nombreux mouvements citoyens, comme Alternatiba, appellent déjà à l’action : le 10 octobre, une des "marches européennes contre l’austérité", partie de Cadix, a été reçue à Grenoble, avant un grand rassemblement à Bruxelles autour du sommet de l’UE. Et la "Coalition climat 21" organise à Paris une marche les 28 & 29 novembre et une immense manifestation internationale le 12 décembre, afin de faire entendre les exigences des peuples pour des actions décisives sur les causes du dérèglement climatique. Allons y !

édito publié dans Inter-Peuples n°240, novembre 2015

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