Le terrorisme de la "bombe sale" doit être interdit à tous !

Publié le : , par  Marc Ollivier

Lors de la réunion à Washington du « sommet sur la sûreté nucléaire » le 31 mars dernier, on a vu les chefs d’État réunis autour de Barak Obama s’alarmer à juste titre du risque de voir DAECH utiliser une "bombe sale" ... Mais de quoi s’agit-il ? Il s’agit d’une bombe classique, « normale » pourrait-on dire par opposition à une véritable bombe nucléaire, mais bourrée d’uranium ou de déchets nucléaires, capable en explosant de les disséminer dans l’atmosphère et de provoquer ainsi, au delà des morts immédiates, des contaminations radioactives mortelles. Il est sans doute vrai que DAECH pourrait commettre un tel crime et il est indispensable de prendre toutes les mesures possibles pour l’empêcher. Mais beaucoup d’autres criminels ont commis ou continuent à commettre de tels crimes : comment les arrêter ?

Soyons lucides jusqu’au bout : parmi les chefs d’État réunis à Washington figurent ceux dont les pays sont les plus gros pollueurs du monde en radioactivité

Non seulement par leurs nombreux essais nucléaires dans l’atmosphère terrestre et par les bombardements à Hiroshima et Nagasaki, mais aussi très récemment par l’emploi intensif de munitions construites comme ces bombes dites "sales". Il s’agit d’obus tirés par des chars ou de bombes aériennes dites perforantes, durcies avec de l’uranium faussement présenté comme « appauvri ». Ces munitions « sales » radioactives ont été utilisées massivement dans plusieurs conflits, notamment par les États-Unis, la Grande Bretagne et la France en Yougoslavie, en Afghanistan, en Irak et en Libye, ainsi que par Israël au Liban et à Gaza, provoquant au delà de leurs nombreuses victimes immédiates, des désastres sanitaires et environnementaux atroces : épidémies de cancers, horribles malformations génétiques chez de nombreux nouveaux nés dans les régions touchées, avortements pathologiques et territoires lourdement contaminés pour des millions d’années dans les zones de conflit.
Par exemple, on a pu estimer qu’environ 5.000 tonnes d’uranium avaient été dispersées en Irak entre 2003 et 20111.

Les États responsables de tels crimes de guerre ne devraient-ils pas, par décence, demander pardon pour ces crimes ? Et tout en nous protégeant des possibles attentats « sales » de DAECH, ne devraient-ils pas s’engager publiquement à ne plus jamais utiliser les munitions « sales » à l’uranium soi-disant « appauvri » (ce qui est absolument faux) qu’ils ont utilisées massivement, surtout en Afghanistan et en Irak ?

Pour une véritable sûreté nucléaire, il faut en réalité exiger de tous ces États qu’ils acceptent enfin de négocier une convention internationale pour l’interdiction des armes nucléaires, comme le Traité de Non Prolifération qu’ils ont signé les y oblige. Et particulièrement de ceux, comme la France, qui prétendent, dans un ronron médiatique auto satisfait et plein d’une bonne conscience parfaitement usurpée, que leur sécurité dépend des armes atomiques.
Comment imaginer sérieusement une sécurité quelconque en envisageant d’utiliser de telles armes ?

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