Cuisine Sans Frontières

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  • A quand remontent l’idée et la création de "Cuisines sans frontières" ? Combien de personnes au départ ? Avec quel objectif principal ?

Je faisais partie du Réseau Education Sans Frontières qui soutient les familles de sans-papier autour des écoles. Dans ce cadre j’avais fait un livre de cuisine, "Cuisine Sans papier", avec Raphaële Bruyère ; ce livre est sorti en 2011 [1]. Il a été l’occasion de belles rencontres mais celles-ci ne se prolongeaient pas dans le temps, d’où une certaine frustration. Aussi en 2014 j’ai créé avec quelques amies l’association "Cuisine Sans Frontières" avec pour objectifs la rencontre des cultures autour des fourneaux, le soutien aux migrants par la cuisine et la valorisation de tous les patrimoines culinaires.

Cuisine Sans Frontières cherche donc à favoriser l’intégration par la valorisation des savoir-faire de chacun, une intégration active où l’on s’approprie la culture française tout en l’enrichissant de ses propres apports.

  • Comment a évolué ce projet, comment s’est-il concrétisé, avec quels soutiens (institutionnels, associatifs, personnels, Maison des Habitants...) ? Quel écho de la part du public, des associations ? Dans quelle mesure votre équipe s’est elle élargie ? Comment faîtes vous pour proposer autant de "cuisines différentes" ?

Nous avons tout de suite été accueillis à la Maison des Habitants Chorier-Berriat où nous avons commencé à tenir des ateliers de cuisine hebdomadaires, qui continuent toujours. A tour de rôle les cuisiniers _ essentiellement des cuisinières, mais pas toujours _ présentent un plat de leur pays, ce plat est cuisiné en groupe puis mangé ensemble. Comme nous avons démarré sans financement nous avons très vite commencé à vendre à emporter une partie de la production, pour pouvoir faire les courses de la semaine d’après. Il s’est avéré tout de suite que c’était très valorisant pour les cuisiniers et cuisinières de voir que des Français.es venaient acheter leurs plats.

Nous avons eu assez rapidement des cuisinier.es du Congo, de Guinée, de Tunisie, de Syrie, de Macédoine, de Géorgie, d’Arménie, d’Azerbaïdjan. Ils nous arrivent par le bouche-à-oreille ou souvent nous sont adressés par des assistants sociaux ou des associations comme l’APARDAP. Ils arrivent en général pour faire ‘le bénévolat’, puisque pour être régularisés ils doivent faire la preuve de leur intégration sans avoir le droit de travailler ; nous leur faisons donc des attestations à verser à leur dossier. Ceux qui restent sont mus par l’amour de la cuisine et du travail, par la curiosité et le désir d’apprendre des choses nouvelles.

  • Et maintenant ? Quel fonctionnement ? Combien de salariés ? De bénévoles ? Quels défis ? Quels problèmes ?

A l’heure actuelle nous faisons de la vente à emporter le lundi, de la restauration sur place le mardi, nous avons une activité de traiteur, nous participons à des événements et animations du quartier Saint-Bruno. Nous envoyons aussi nos cuisiniers en stage dans des restaurants partenaires afin de leur permettre de monter en compétences.

Notre activité se développe bien mais nous continuons à fonctionner entièrement avec du bénévolat (appel à bonnes volontés : nous cherchons des bénévoles !). La plus grande frustration : nos cuisiniers ne sont que très rarement régularisés. Quand ils le sont, ils ont encore besoin d’accompagnement car le chemin est souvent très long jusqu’à l’emploi !

Cuisine Sans Frontières en pratique :

  • Vente à emporter le lundi midi :
    Tarif : Plat 5 €, dessert 1,5 €
    A retirer entre 12h et 12h30 ou entre 17h30 et 18h30 à la MDH Chorier-Berriat
    10, rue Le Châtelier, en face de la piscine Bulle d’eau.
  • Restauration sur place le mardi midi :
    Formule 10 €, même endroit

Pour recevoir les menus et réserver vos plats : www.cuisine-sans-frontieres.fr puis cliquer sur "Recevoir les menus"

Pour nous écrire : contact chez cuisine-sans-frontieres.fr

Article publié dans Inter-Peuples n°269, octobre 2018

[1Cuisine Sans Papier :15 recettes réalisées de tête et sans visage dans une cuisine française - Sandrine Trigeassou et Raphaële Bruyère, Ed. If if Between, 2011, 81 p.

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