Halte à l’agression militaire turque contre le Rojava et les Kurdes édito n°280, novembre 2019

Publié le : , par  CIIP

Le régime d’Erdogan a engagé le 9 octobre les forces militaires turques dans la région frontalière avec la Syrie en vue d’instaurer une "zone tampon" d’où il veut chasser la population kurde et sans doute parquer les trois millions de migrants, notamment syriens, vivant en Turquie. Cette invasion turque a déjà tué et mutilé nombre d’hommes, de femmes, d’enfants, et généré un véritable chaos. Un plan criminel qui était connu des grandes puissances qui ont continué à vendre des armements à la Turquie. Ce que veut détruire Erdogan c’est l’existence même du Rojava où s’est édifiée une société multiethnique, laïque, féministe, écologiste et autonome. Erdogan en appelle une fois de plus à l’unité nationale, accusant tous ceux qui s’y refusent de faire le jeu des "terroristes" kurdes, espérant ainsi surmonter les grandes difficultés politiques, économiques et sociales qui secouent la Turquie, et neutraliser la contestation sociale et politique qui s’est manifestée notamment lors de récentes élections.

Les États-Unis, tout au moins Trump, estimant que le temps était venu de retirer leurs troupes de cette région et de rapatrier leurs soldats, ont laissé faire, même si cette attitude lâche a soulevé de nombreuses réactions critiques au sein même du parti républicain. Quant à l’Union Européenne, elle s’est engagée - un peu tard ! - à arrêter les livraisons d’armes. Reste l’ONU, bloquée depuis toujours par le Conseil de Sécurité, qui est hélas ! dans l’incapacité d’imposer une condamnation ferme de l’invasion turque. Et pourtant il y a urgence !

Nous citoyen·nes français·es, nous devons exercer et intensifier une pression sur le gouvernement français pour qu’il cesse immédiatement toute livraison d’armements, condamne sans réserves cette agression criminelle et dévastatrice, qu’il fasse pression sur Erdogan et le force à stopper son entreprise criminelle et meurtrière à l’encontre notamment des Kurdes, et qu’il protège sur le territoire français les militant·es pro-kurdes. Et qu’il fasse pression au sein de l’Union Européenne pour qu’elle se positionne sans ambiguïté face à cette agression et retire définitivement le PKK - Parti des Travailleurs du Kurdistan - de la liste des "organisations terroristes". Aux dernières nouvelles un accord entre Erdogan et Poutine prévoit des patrouilles mixtes russo-turques le long de la frontière turco-syrienne et d’exiger le retrait total des combattants kurdes. Autant dire que les populations du Rojava, notamment kurdes, sont en très grand danger et plusieurs dizaines de milliers de personnes, notamment femmes et enfants, se sont déjà lancées dans une fuite éperdue.

Le CIIP a depuis toujours soutenu les forces démocratiques turques et les droits sociaux et culturels des populations kurdes que ce soit au sein de la société turque qu’au Rojava, et nous appelons tous les citoyens, toutes les citoyennes, nos adhérent·es et ami·es à manifester, avec les organisations associatives, syndicales, politiques, les journalistes, les artistes, les chercheurs…, leur soutien aux Kurdes et autres composantes de la Turquie et de la région, notamment du Rojava.

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