Une colère mondiale ! édito n°282, janvier 2020

Publié le : , par  CIIP

Aujourd’hui, dans de nombreux pays, les peuples se soulèvent, expriment leurs révoltes contre des systèmes économiques et politiques profondément injustes, inégalitaires, répressifs. Parmi ceux-ci, les peuples d’Algérie, de Haïti, du Chili, d’Irak, de Hong Kong, d’Italie, du Liban, du Maroc, de Catalogne, d’Iran… Les acteurs de ces mouvements et les formes d’action choisies varient bien sûr d’un pays à l’autre en fonction des réalités locales. Mais partout, pour reprendre le titre d’un livre de Gilbert Achcar "le peuple veut" [1] !

En France aussi le mouvement social et politique est profond. Aguerri par des décennies de résistances aux attaques des gouvernements contre les services publics et les droits du plus grand nombre, ce "plus grand nombre" semble aujourd’hui décidé à en finir avec la destruction des droits sociaux et l’autoritarisme gouvernemental au service des diktats du système économique capitaliste.

Avec l’irruption du mouvement des gilets jaunes, la question de la démocratie est posée partout dans ce pays. Des questions primordiales : "qui décide, pourquoi, comment, pour qui" sont débattues dans les assemblées et les manifs. Les gilets jaunes opposent à l’arrogance du pouvoir ce qu’ils appellent "la fraternité des ronds points". Et ne lâchent pas malgré une violence d’État folle, qui blesse et qui tue. Ce mouvement a réussi, malgré la défiance qu’il a d’abord provoquée dans une partie des syndicats à ébranler le gouvernement.

Aujourd’hui, les organisations syndicales, tellement méprisées par le gouvernement Macron, ripostent souvent ensemble et de manière multiforme et radicale au sabotage total de nos retraites que prétend conduire le président de la république. Cette remise en cause des retraites par répartition au profit d’une retraite par point, casse la solidarité. Les premières victimes de ce système seront les plus précaires qui ont des carrières hachées, les jeunes qui peinent à accéder à l’emploi et les femmes, qui déjà vivent de pension en moyenne 38% plus basses que celle des hommes. Il faudra travailler plus pour gagner moins.

La casse des retraites après celle de l’assurance chômage et des droits des salarié·es, c’est la réforme de trop. La grève du 5 décembre annoncée depuis septembre a permis d’emblée sa reconduction. Beaucoup qui étaient déjà en difficulté dans leur travail pour assurer leur mission mais aussi pour vivre tout simplement se sont sentis menacés jusque dans leur future retraite. Les pompiers, les aides soignantes et infirmières, les enseignants, les artistes, les danseurs de l’opéra de Paris, les travailleurs sociaux, la radio publique… Avec les cheminots, les traminots, les salarié·es d’EDF, ceux des raffineries et des ports ils ont coagulé leurs colères et décidé d’aller à la confrontation pour se faire entendre !
Dans cette semaine entre Noël et jour de l’an, la population dans sa grande majorité soutient toujours ces grèves qui, en cas de victoire, nous éviteront à tous et toutes un avenir de misère !

Ailleurs comme en France, le CIIP soutient tous ceux et celles qui descendent dans la rue, sur les places, manifestent, s’organisent pour abattre l’oppression et l’exploitation, gagner l’égalité de droits pour tous et toutes et édifier un tout autre monde solidaire et durable. Cela dépend de chacun et chacune d’entre nous !

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