Argentine 1976-2016 : Résistances, mémoire, justice, démocratie

Publié le :

Le 24 mars 2016 marquera le quarantième anniversaire de l’avènement d’un pouvoir militaire en Argentine, connu dans le monde entier pour la répression sanglante qu’il a exercé contre toute opposition entre 1976 et 1983. Cette période tragique de l’histoire argentine se soldera par la mort ou la disparition de 30 000 personnes, le vol de 500 bébés et l’exil de plus d’un million de personnes. La résistance a été incarnée par le combat héroïque des Grands-mères et Mères de la place de Mai, exigeant mémoire, vérité, justice et démocratie. Leur combat, associé à celui de plusieurs mouvements pour les droits de l’Homme et une volonté politique publique favorable, a permis des avancées considérables dans le jugement des responsables de ces crimes en Argentine.

Seront présentes quatre invitées emblématiques de ces luttes : Estela Carlotto, Grand-mère de la Place de Mai ; Nora Cortinas, Mère de la Place de Mai ; deux victimes du Plan Condor, Macarena Gelman enfant volé par la dictature qui a aujourd’hui retrouvé son identité et Sara Mendez, dont le fils Simon maintenant récupéré, lui fut vole par les forces répressives lors de son arrestation. Elles participeront à une conférence-débat et échangeront avec le public. Leur présence est particulièrement importante car aujourd’hui même en Argentine, certains secteurs nostalgiques de l’époque de la répression remettent en cause la politique d’Etat en faveur des droits de l’Homme.

Au cours de la réception, la chorale grenobloise Orfeo interprétera, en hommage à
nos invitées, des œuvres du folklore argentin

Grenoble, Mairie de Grenoble
Bd Jean Pain

Le Collectif Mémoire-Vérité-Justice-Rhône Alpes [1] et la Ville de Grenoble se sont réunis pour organiser un ensemble de manifestations pendant l’année 2016, à l’occasion du 40ème anniversaire de l’avènement de la dictature argentine (1976-1983). Le Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, partenaire historique du Collectif, s‘est ensuite associé à eux ainsi que de nombreux autres acteurs culturels de la ville de Grenoble.
Le 24 mars 1976, a eu lieu en Argentine le coup d’État de la junte militaire qui a organisé de façon systématique la séquestration, la détention et l’élimination physique de dizaines de milliers de femmes et d’hommes et le vol de centaines d’enfants. Cette période tragique de l’histoire argentine s’est soldée par la disparition de 30 000 personnes - militants politiques et associatifs, employés, syndicalistes, étudiants, ouvriers, journalistes, lycéens - des milliers de prisonniers politiques, le vol de 500 bébés nés en détention et l’exil de plus d’un million de personnes.
Les militaires argentins ont ainsi instauré le terrorisme d‘État. Conjointement avec les autres dictatures d’Amérique Latine (Chili, Bolivie, Brésil, Paraguay et Uruguay), ils ont mis en place une campagne de répression clandestine transnationale, l’Opération Condor, visant à poursuivre et assassiner les opposants politiques.
Le 30 avril 1977, quatorze mères ont défié la sanglante dictature d’Argentine, demandant à propos de leurs enfants séquestrés : où sont-ils ? Elles deviendront les historiques Mères de la Place de Mai.
La dictature a enlevé des femmes enceintes, les a assassinées et s’est appropriée leurs nouveaux-nés. Les Grands-mères de la Place de Mai se sont levées et ont remué ciel et terre pour tenter de retrouver leurs petits-enfants disparus. La résistance, la lutte contre l’impunité et l’exigence intransigeante de mémoire, de vérité et de justice des Mères et Grands-mères de la Place de Mai n’ont jamais cessé. Leur combat, l’action des mouvements de défense des droits de l’homme et l’engagement de la société argentine, en convergence avec la volonté politique des gouvernements récents, ont permis des avancées exemplaires vers la vérité et la justice en Argentine et au niveau international.

Nous voulons rendre hommage aux Mères et Grands-mères de la Place de Mai, soutenir leur lutte et faire revivre le souvenir de tous ceux qui se sont battus pour une société meilleure. Nous croyons au besoin d’agir ici, en Amérique Latine ou ailleurs, pour vivre ensemble dans l’égalité, la dignité et la justice, ainsi que pour la défense des droits de l’homme, valeur universelle.
Aujourd’hui en 2016, nous sommes vigilants. Nous exprimons nos exigences - partagées par des centaines d’organisations sociales et des droits de l’Homme en Argentine et en différents lieux à travers le monde - pour une continuité de politiques publiques destinées au souvenir permanent des crimes contre l’humanité commis contre le peuple argentin et pour les jugements des responsables militaires et civils.

Collectif Mémoire-Vérité-Justice-Rhône Alpes,
Le site du Collectif

Tout le programme ici

[1Le Collectif Mémoire-Vérité-Justice-Rhône-Alpes est composé de 11 associations :

  • Association de Coopération Inter peuples (ACIP-ASADO)
  • Association Grenobloise de Solidarité avec le Peuple Argentin (AGSPA)
  • Casa Catala
  • Centre d’Information Inter-Peuples (CIIP)
  • Comite de soutien aux indiens Mapuches
  • Donde Estan
  • Lado Brasil
  • Maison Latina
  • Nuestra America
  • Solidarité avec Argentine Lyon (SOL-AR)
  • Viva el Tango

AgendaTous les événements